Patrice Koyamba Auteur : Patrice Koyamba Posté le 10/07/2026 - 12:05 Football Sport

Norvège au Mondial: au-delà de Haaland, une équipe complète qui bouscule la hiérarchie

Norvège au Mondial: au-delà de Haaland, une équipe complète qui bouscule la hiérarchie

La Norvège au Mondial ne se résume plus aux accélérations et aux buts d’Erling Haaland. Bien sûr, l’attaquant de Manchester City reste le visage de cette campagne nordique, mais le parcours des Scandinaves jusqu’en quarts de finale raconte surtout autre chose: l’émergence d’un collectif dense, bien construit et capable de faire tomber des adversaires bien plus attendus.

Le retour norvégien sur la grande scène planétaire, 28 ans après sa dernière apparition, a pris une ampleur inattendue en Amérique du Nord. Haaland a tenu son rang, comme il l’avait déjà fait pendant les qualifications avec 16 buts en huit matches. Depuis le début du tournoi, il a prolongé cette dynamique avec des réalisations face à l’Irak, au Sénégal, à la Côte d’Ivoire puis un doublé contre le Brésil en huitièmes via l’APK.

Mais réduire cette aventure à sa seule réussite offensive serait trompeur. Car si la Norvège affronte l’Angleterre samedi avec l’espoir de prolonger son rêve, c’est aussi parce qu’elle a trouvé autour de sa star un équilibre, des solutions et une vraie variété dans le jeu.

La Norvège au Mondial s’appuie sur des ailes capables de faire mal

Le premier soutien de Haaland vient des côtés. Dans ce secteur, Stale Solbakken dispose de plusieurs profils capables de casser les lignes, d’éliminer et d’alimenter son avant-centre dans de bonnes conditions. Antonio Nusa, notamment, a beaucoup pesé sur le flanc gauche. Le joueur du RB Leipzig, 21 ans, a confirmé sa capacité à faire basculer une action sur un dribble ou un changement de rythme.

Lors des qualifications, Nusa avait déjà signé six buts en six rencontres. Ses statistiques ont été moins spectaculaires dans le tournoi, mais son influence est restée réelle. Son but face à la Côte d’Ivoire, particulièrement marquant, a rappelé à quel point il peut faire la différence même quand les espaces se ferment.

Andreas Schjelderup a lui aussi apporté une vraie valeur ajoutée, souvent en sortie de banc. Le joueur de Benfica, 22 ans, a offert deux passes décisives à Haaland contre le Brésil, preuve de sa justesse dans les moments forts. Son excellente seconde partie de saison en club, avec 10 buts et passes décisives en 14 matches, a visiblement prolongé ses effets dans cette compétition.

À droite, Oscar Bobb a amené de la fraîcheur. Son entrée a souvent permis de relancer le couloir, surtout lorsque la Norvège cherchait davantage de mobilité. À l’inverse, Alexander Sorloth a parfois dû composer avec un rôle moins naturel pour lui sur un côté, lui qui reste avant tout un avant-centre.

Ødegaard, Berge, Aursnes: le cœur du jeu donne une autre dimension

Si la Norvège a gagné en crédibilité, c’est aussi grâce à son milieu. Solbakken s’appuie sur un entrejeu expérimenté, habitué au très haut niveau, entre Premier League et Ligue des champions. Ce n’est pas un détail dans un tournoi aussi exigeant.

Martin Ødegaard en est la pièce maîtresse. Le capitaine d’Arsenal donne le tempo, oriente le jeu et relie les lignes. En qualifications, malgré trois matches manqués sur blessure, il avait déjà délivré sept passes décisives, dont trois lors d’une même rencontre contre Israël. Dans ce Mondial, il a encore pesé dès ses premières apparitions avec trois offrandes, dont une pour Haaland face au Sénégal.

Autour de lui, Sander Berge apporte de la densité et de la stabilité. Le milieu de Fulham sécurise beaucoup de choses sans forcément attirer toute la lumière. Fredrik Aursnes, lui, offre un profil différent mais tout aussi précieux. Le joueur de Benfica, revenu sur sa retraite internationale en février après avoir quitté la sélection deux ans plus tôt, s’est imposé comme un titulaire important alors même qu’il n’avait pas participé aux qualifications.

Patrick Berg a également su saisir sa chance. Favorisé par les pépins physiques survenus dans l’effectif, le capitaine de Bodø/Glimt a répondu avec personnalité, notamment grâce à ses passes décisives pour Haaland contre le Sénégal puis, plus encore, face à la Côte d’Ivoire. Ce genre de réponse en pleine compétition dit beaucoup sur la profondeur du groupe.

Haaland brille, mais la Norvège au Mondial ne dépend pas de lui seul

Le constat est clair: Haaland reste indispensable, mais il n’est pas isolé. C’est sans doute la plus grande évolution de cette sélection. L’attaquant a débuté tous les matches sauf un, celui contre la France lors de la dernière journée de groupes, quand la qualification était déjà assurée. Ce repos a d’ailleurs montré que le staff gérait aussi son tournoi avec lucidité.

En cas d’absence ou de besoin de rotation, la Norvège possède des alternatives crédibles. Sorloth, malgré son adaptation parfois délicate sur un côté, reste un recours de poids. Il est arrivé au tournoi après une saison à 20 buts avec l’Atlético de Madrid et conserve une vraie réputation d’efficacité sous le maillot national.

Solbakken apprécie surtout sa polyvalence, sa puissance et son engagement collectif. Ce n’est pas un hasard s’il l’utilise dans plusieurs registres. Sorloth peut jouer près de Haaland, glisser sur l’aile ou servir de point d’appui quand l’équipe cherche un football plus direct.

Jorgen Strand Larsen représente l’autre solution. L’attaquant de Crystal Palace, 26 ans, avait été choisi contre la France. Son intégration en Premier League depuis 2024 lui a donné de la visibilité, et sa préparation au tournoi avait été soignée avec un doublé en amical contre la Suède. Il a aussi marqué contre l’Italie en qualifications. Son unique apparition jusque-là a été plus contrastée, avec un penalty manqué, mais son profil reste une option sérieuse.

Julian Ryerson, l’arme discrète qui peut troubler l’Angleterre

La Norvège ne se contente pas d’attaquer de manière classique. L’une de ses particularités les plus intéressantes concerne son utilisation des couloirs, avec un mécanisme qui libère souvent Julian Ryerson. Le latéral droit est devenu une menace majeure sur son côté, parfois plus décisive encore que l’ailier placé devant lui.

Pour lui ouvrir l’espace, Sorloth a tendance à repiquer vers l’axe. Ce mouvement attire, déforme la ligne adverse et laisse au latéral le champ pour jaillir. Le rendement de Ryerson dans ce domaine parle pour lui: 18 passes décisives en Bundesliga sur la saison 2025-2026. Ce volume illustre sa qualité de centre et son impact dans les phases de déséquilibre.

Son apport ne s’arrête pas au jeu courant. Sur coups de pied arrêtés aussi, il reste un danger constant. Une blessure survenue lors du deuxième match de groupes l’a privé de deux rencontres avant son retour contre le Brésil, mais sa présence rehausse immédiatement le potentiel offensif norvégien. L’Angleterre est prévenue.

Une sélection qui a changé de statut avant le choc contre l’Angleterre

Le plus frappant dans cette aventure reste peut-être la transformation du regard porté sur cette équipe. Longtemps vue comme une sélection dépendante de son buteur vedette, la Norvège s’avance désormais comme un outsider crédible, organisé et plus ambitieux qu’on ne l’imaginait.

Solbakken n’a jamais présenté son groupe comme un favori du tournoi. En revanche, le sélectionneur a toujours défendu l’idée qu’un grand jour pouvait suffire à battre n’importe qui. Jusqu’ici, les faits lui donnent raison. Son équipe a traversé un groupe relevé, puis confirmé en phase à élimination directe grâce à un football plus offensif et à un investissement collectif très visible.

Le quart de finale contre l’Angleterre représente donc bien plus qu’un simple rendez-vous pour Haaland. C’est un test pour une génération qui a déjà signé le meilleur parcours mondialiste de la Norvège. Et c’est aussi la validation d’une idée: avec des joueurs talentueux, disciplinés et capables de travailler les uns pour les autres, un outsider peut changer de dimension.

Pour suivre l’actualité officielle de la compétition, la référence reste le site de la FIFA.

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