Lucien Malama Auteur : Lucien Malama Posté le 25/06/2026 - 16:08 Football Africain

Bafana Bafana écrit l’histoire : l’Afrique du Sud atteint les huitièmes de finale pour la première fois

Un but de Thapelo Maseko à la 63e minute a suffi mercredi soir pour que l’Afrique du Sud s’impose 1-0 face à la Corée du Sud et franchisse, pour la première fois de son histoire, le cap de la phase de groupes d’une Coupe du monde. Pour une nation qui avait participé à trois éditions du tournoi – en 1998, 2002 et en 2010 en tant que pays hôte – sans jamais passer au tour suivant, le coup de sifflet final a sonné comme une libération autant que comme un accomplissement.

Un but qui restera dans les mémoires sud-africaines

Maseko, 22 ans, avait laissé passer deux occasions en première mi-temps, laissant planer le doute sur une soirée qui aurait pu se refermer sur une nouvelle déception. Mais l’attaquant de Mamelodi Sundowns a trouvé la précision au moment décisif : servi par Tshepang Moremi aux abords de la surface, il s’est glissé vers l’intérieur et a expédié une frappe du pied gauche à ras de terre, traversant les jambes d’un défenseur pour aller se loger dans le bas du poteau. Cinq tirs tentés en tout, un seul qui comptait vraiment. C’est souvent ainsi que s’écrit l’histoire dans les grands tournois.

La réaction sur le banc sud-africain en dit long sur la signification de l’instant : joueurs, membres du staff, remplaçants – tous ont envahi le terrain dans un élan collectif qui transcendait le simple résultat sportif. Pour une génération entière de footballeurs sud-africains, ce but représentait l’aboutissement d’une quête commencée bien avant leur naissance.

Broos et la force du collectif contre la logique des hiérarchies

Le sélectionneur belge Hugo Broos, 74 ans, aura peut-être livré là l’un des derniers grands chapitres d’une longue carrière d’entraîneur. Sa philosophie repose sur un principe simple mais difficile à mettre en œuvre au plus haut niveau : la cohésion d’un groupe peut compenser l’absence de vedettes individuelles. L’Afrique du Sud ne dispose pas d’un joueur du calibre de Son Heung-min. Elle a construit son parcours sur la discipline tactique, l’engagement physique et une forme de solidarité rare à ce niveau de compétition.

L’exemple le plus éloquent en est peut-être celui de Sphephelo Sithole. Expulsé lors du premier match face au Mexique – une défaite 2-0 qui avait immédiatement soulevé des doutes sur la capacité du groupe à rebondir -, le milieu de terrain est revenu pour contribuer à la solidité défensive lors du match décisif. Ce type de résilience individuelle au service du collectif est précisément ce que Broos a cultivé depuis sa prise de fonction.

La Corée du Sud paie ses choix tactiques

Du côté coréen, la soirée a relancé un débat familier autour de la gestion de Son Heung-min. Le sélectionneur Hong Myung-bo a choisi de laisser son capitaine sur le banc en début de match, espérant l’introduire face à des défenseurs fatigués. Le pari n’a pas fonctionné. L’absence du joueur de Tottenham dans le onze de départ a privé la Corée du Sud d’un créateur capable de faire basculer une rencontre avant même que les jambes ne s’alourdissent.

La Corée du Sud n’est pas encore éliminée – sa qualification dépend des résultats des autres équipes du groupe -, mais la défaite assombrit un bilan qui contrastait avec son histoire récente en Coupe du monde, marquée notamment par une demi-finale en 2002 et des huitièmes de finale en 2010 et 2022. Le tournoi avait placé la barre haut ; cette fois, l’équipe peine à l’atteindre.

Inglewood comme prochaine étape d’un voyage inédit

Bafana Bafana retrouvera le Canada à Inglewood, en Californie, pour son entrée dans le tableau à élimination directe. L’adversaire est solide, mais l’Afrique du Sud aborde ce rendez-vous avec un capital confiance que peu auraient anticipé il y a dix jours. La dynamique d’un tournoi est parfois plus puissante que les classements et les pronostics : une équipe qui croit en elle, qui a su surmonter l’adversité et qui joue sans la pression du favori peut aller très loin.

Pour des millions de Sud-Africains, la question n’est plus de savoir si l’équipe mérite sa place sur la scène mondiale. Elle y est. Et elle avance.

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