Claude Le Roy prend les rênes des Diables Rouges pour relancer le football congolais
La République du Congo se dote d’un nouveau staff technique pour son équipe nationale de football. Dans un communiqué officiel daté du 9 juin 2026, le ministère des Sports, de la Jeunesse et de l’Éducation civique a annoncé la signature du contrat liant l’État congolais au technicien français Claude Le Roy, désigné sélectionneur des Diables Rouges, et à l’ancien international sénégalais Omar Daf, nommé à ses côtés comme adjoint. La cérémonie officielle de signature est prévue le 22 juin 2026 à Brazzaville, en présence du ministre en charge des Sports et du président de la Fédération Congolaise de Football, Henri Ndzianga.
Un duo au profil affirmé pour une mission précise
Claude Le Roy n’est pas un inconnu du football africain – loin de là. Celui que l’on surnomme parfois « Le Sorcier blanc » a parcouru le continent pendant plusieurs décennies, entraînant notamment le Cameroun, le Ghana, le Sénégal, la RD Congo ou encore le Togo. Sa connaissance des contextes footballistiques africains, de leurs contraintes logistiques et de leurs ressorts culturels, constitue sans doute l’un des arguments principaux de sa sélection par les autorités congolaises.
Omar Daf, lui, apporte un profil complémentaire. Ancien défenseur international sénégalais, il a construit une carrière d’entraîneur en France, dirigeant notamment le FC Sochaux et l’Amiens SC en Ligue 2. Titulaire du BEPF et d’une Licence UEFA, il a également fait partie du staff technique du Sénégal lors de la Coupe du Monde 2018 en Russie. À 49 ans, il représente une génération de techniciens africains formés dans les structures professionnelles européennes, capables de faire le lien entre les méthodes modernes d’entraînement et les réalités du football continental.
La CAN 2027 comme horizon immédiat, un projet plus large en toile de fond
La feuille de route remise au nouveau duo est sans ambiguïté : qualifier le Congo à la Coupe d’Afrique des Nations 2027. Pour les Diables Rouges, qui n’ont plus participé à la phase finale de la CAN depuis leur dernière qualification, retrouver ce rendez-vous continental représente un objectif à la fois sportif et symbolique. La CAN 2027, coorganisée par le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie, s’annonce comme une édition à fort retentissement pour le football est et centre-africain.
Au-delà de cet objectif à court terme, les autorités congolaises évoquent un projet structurel : renforcer l’encadrement technique de la sélection, valoriser les talents locaux et restaurer la confiance entre l’équipe nationale et les supporters. Cette dernière dimension n’est pas anodine. Dans de nombreux pays africains, la relation entre une sélection nationale et son public peut se distendre rapidement en cas de résultats décevants ou de gestion contestée. Reconstruire ce lien de confiance passe autant par les résultats que par la transparence de la gouvernance sportive.
Un engagement de l’État qui engage aussi la fédération
Le fait que le contrat soit signé entre l’État congolais – et non uniquement la fédération – et les deux techniciens mérite attention. Cette configuration, assez répandue en Afrique subsaharienne, reflète le poids des pouvoirs publics dans le financement et l’orientation du football national. Elle implique également une responsabilité partagée entre les instances gouvernementales et fédérales dans le suivi du projet sportif, ce qui peut être un levier de stabilité institutionnelle, à condition que les deux parties maintiennent une coordination efficace sur la durée.
La présence du président de la Fédération, Henri Ndzianga, à la cérémonie officielle du 22 juin illustre cette volonté affichée d’unité autour du nouveau staff. Les prochains mois, marqués par les premières convocations et les premiers matchs officiels sous la direction de Le Roy et Daf, permettront de mesurer si cette dynamique de relance se traduit concrètement sur le terrain.