La Coupe d’Afrique des nations prive les clubs européens de leurs stars
Une trentaine d’internationaux quitteront la Premier League début janvier, une cinquantaine partiront de Ligue 1, et plusieurs dizaines d’autres déserteront la Serie A et la Liga. En cause : la Coupe d’Afrique des nations, organisée au Cameroun du 9 janvier au 6 février, qui contraint les plus grands clubs du continent à se priver de leurs meilleurs éléments en pleine saison. Jürgen Klopp, l’entraîneur de Liverpool, a résumé le sentiment général en qualifiant la situation de « véritable catastrophe » pour son équipe, qui perdra simultanément Sadio Mané, Mohamed Salah et Naby Keita.
Un calendrier bousculé par la pandémie
Cette édition aurait dû se tenir en juin dernier, période qui n’entre pas en conflit avec les championnats européens. Mais les conditions sanitaires et climatiques avaient contraint la Confédération africaine de football (CAF) à la reporter, avec l’aval de la FIFA et de l’UEFA. Les deux instances espéraient un nouveau report, la campagne vaccinale progressant lentement au Cameroun. Il n’en fut rien : le 22 décembre, le président de la CAF, Patrice Motsepe, a confirmé le calendrier auprès de Samuel Eto’o, à la tête de la fédération camerounaise. D’importantes mesures sanitaires ont été imposées pour les 52 rencontres prévues, avec exigence de schéma vaccinal complet et de test PCR ou antigénique récent pour tous les participants. Seul geste de conciliation obtenu par les Européens : le début des rassemblements a été repoussé du 27 décembre au 3 janvier, afin de permettre à certains joueurs de disputer une journée supplémentaire de championnat.
Une organisation déjà mouvementée depuis 2014
L’attribution de cette CAN au Cameroun remonte à 2014, mais elle devait initialement se tenir en 2019. Un changement décidé fin 2018 par la CAF a redistribué les éditions : l’Égypte a récupéré 2019, repoussant le Cameroun à 2021, la Côte d’Ivoire à 2023 et la Guinée à 2025. Le tournoi débutera par un match d’ouverture entre le Cameroun et le Burkina Faso, dans le tout nouveau stade Paul Biya d’Olembé, en périphérie de Yaoundé. Six groupes de quatre équipes s’affronteront avant les huitièmes de finale, qualifiant les deux premiers de chaque poule ainsi que les quatre meilleurs troisièmes.
Les grands championnats européens durement touchés
La Ligue 1 française, qui recrute traditionnellement beaucoup de joueurs africains, sera la plus affectée avec une cinquantaine de départs, parmi lesquels Achraf Hakimi, Idrissa Gueye ou Karl Toko Ekambi. La Premier League perdra une quarantaine de joueurs, dont Riyad Mahrez, Édouard Mendy et plusieurs éléments d’Arsenal et Manchester United. La Serie A italienne comptera une vingtaine d’absents, notamment Kalidou Koulibaly et Franck Kessié. La Liga espagnole sera moins touchée, avec une dizaine de départs concentrés notamment à Villarreal et Séville. Aux Pays-Bas, l’Ajax perdra son buteur ivoirien Sébastien Haller, tandis que le Bayern Munich devra se passer d’Eric Choupo-Moting.
Une première pour l’arbitrage féminin
Cette édition marquera aussi une avancée symbolique : un quatuor arbitral entièrement féminin officiera lors de certaines rencontres, une première à cette échelle en compétition masculine majeure sur le continent. La Rwandaise Salima Mukansanga dirigera les débats, entourée d’assistantes camerounaise et marocaines. Comme lors de l’Euro et de la Copa América récents, des arbitres invités d’une autre confédération, originaires du Guatemala et du Mexique, participeront également à la compétition, illustrant une volonté d’internationalisation croissante de l’arbitrage africain.