Lucien Malama Auteur : Lucien Malama Posté le 10/08/2026 - 12:00 Actualités football Football Sport

La FIFA mise en cause après un projet avorté qui crispe l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie

La FIFA mise en cause après un projet avorté qui crispe l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie

La FIFA se retrouve au centre d’une nouvelle tempête, avec des accusations de FIFA tromperie portées par l’UEFA, la Concacaf et la Confédération asiatique. Au cœur du dossier, le projet FIFA Forward Enterprise, abandonné après une opposition massive, alimente désormais une contestation bien plus large qu’un simple désaccord de gouvernance.

Dans une lettre ouverte au ton très ferme, les trois confédérations affirment que la confiance du football mondial a été brisée « par la tromperie ». Le message ne vise pas Gianni Infantino nommément, mais le président de la FIFA est clairement dans l’ombre portée de cette offensive. Le sujet n’est plus seulement celui d’une idée retirée à la dernière minute. Il touche, selon ses opposants, à la crédibilité même de ceux qui dirigent le jeu.

FIFA Forward Enterprise, un projet qui a déclenché la rupture

Le plan avorté devait créer une nouvelle société chargée de gérer les droits commerciaux et billetterie des compétitions de la FIFA, Coupe du monde comprise. Une participation de 21 % devait être ouverte à des investisseurs privés. Sur le papier, l’idée pouvait relever d’une logique financière. Dans les faits, elle a immédiatement soulevé des réserves profondes.

L’UEFA a mené la contestation et n’a pas hésité à durcir le ton, allant jusqu’à menacer un boycott de compétitions APK FIFA si des plans similaires réapparaissaient. Pour les confédérations signataires, la question dépasse donc le cadre d’une opération économique. Elles y voient un signal inquiétant sur la manière dont le pouvoir est exercé, puis défendu, au sommet du football mondial.

Une lettre ouverte qui cible la méthode autant que le fond

Le texte des trois confédérations est cinglant, sans tomber dans l’attaque frontale directe. Il explique que lorsque la confiance est rompue « par la tromperie », et qu’une personne se place au-dessus du collectif qui lui a confié son autorité, la mission est abandonnée. La formule est lourde de sens, car elle renvoie à une crise de légitimité autant qu’à une erreur de gouvernance.

Les signataires insistent aussi sur une idée simple: diriger le football n’est pas une propriété. C’est une charge, un devoir de service envers l’ensemble de la famille du jeu. En filigrane, la lettre laisse entendre qu’une sortie volontaire permettrait à Infantino de quitter ses fonctions avec davantage de dignité. Le message est net, même s’il reste formulé avec prudence diplomatique.

La FIFA sous pression après la réunion de Rabat

Cette offensive intervient quelques jours seulement après que la FIFA a dénoncé chez ses critiques une campagne « concertée et continue » contre l’organisation et son président. Le climat était déjà tendu. Il s’est encore alourdi avec les reproches adressés à la gestion de la réunion du comité de direction tenue à Rabat, au Maroc.

UEFA, Concacaf et AFC estiment qu’Infantino a écarté les membres du Conseil de la FIFA ainsi que les associations membres, en conviant uniquement des cadres supérieurs de l’instance. Pour elles, les excuses présentées ensuite par la FIFA n’ont pas répondu à l’essentiel. Le vrai problème, disent-elles, n’est pas la forme de la réunion, mais la nature même du projet abandonné.

Une affaire de gouvernance qui dépasse le seul cas Infantino

Les confédérations contestataires rappellent qu’il n’y a pas eu, selon elles, de reconnaissance claire du caractère erroné de la proposition. Pour elles, tenter de vendre une part du contrôle économique de la Coupe du monde relevait d’une faute de jugement majeure. Pas seulement d’un faux pas administratif, mais d’une rupture de confiance avec les institutions que la FIFA est censée servir.

La suite pourrait se jouer lors du prochain Conseil de la FIFA, attendu en octobre, où un rapport doit être présenté. Mais les trois confédérations réclament déjà qu’un éventuel examen soit mené de façon totalement indépendante. Elles jugent qu’une affaire de cette ampleur ne peut pas être évaluée par un cadre interne classique. À leurs yeux, le problème n’est pas clos. Il ne fait que s’installer dans la durée.

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