Patrice Koyamba Auteur : Patrice Koyamba Posté le 30/07/2026 - 19:04 Football Football joueurs Sport

UEFA sort la défense du Mondial face au projet de vente de parts

UEFA sort la défense du Mondial face au projet de vente de parts

Le FIFA mondiale se retrouve au cœur d’un bras de fer frontal avec l’UEFA, qui rejette avec fermeté le projet de cession de parts lié à certaines compétitions majeures. Après une réunion d’urgence tenue jeudi, l’instance européenne a affiché une opposition totale, au nom de ses 55 associations membres.

Le message est sans détour: pour l’UEFA, la Coupe du monde ne peut pas être traitée comme un produit financier. L’organisation rappelle qu’il s’agit d’un héritage sportif construit par des générations de joueurs, de sélections et de supporters sur tous les continents. Et, dans cette lecture, aucune APK part de cet héritage ne devrait être livrée à des investisseurs privés.

Une opposition nette au projet de FIFA Forward Enterprise

Le plan défendu par la FIFA prévoit la création d’une société, FIFA Forward Enterprise, chargée de superviser les grandes compétitions masculines et féminines, dont la Coupe du monde et la Coupe du monde des clubs. Dans ce schéma, les 211 fédérations membres recevraient une participation, qu’elles pourraient conserver ou revendre pour générer des revenus.

La structure envisagée ouvrirait aussi la porte à l’arrivée d’investisseurs privés, à hauteur estimée de 20 à 30 %. La majorité resterait entre les mains de la FIFA, tandis que chaque association nationale disposerait d’une petite part. Joshua Kushner est présenté comme l’investisseur principal pressenti.

Au-delà de l’architecture financière, le projet soulève une autre question sensible: celle du rythme des compétitions. Il laisse entrevoir la possibilité d’une Coupe du monde et d’une Coupe du monde des clubs organisées plus souvent que tous les quatre ans, un changement qui bousculerait l’équilibre historique du calendrier international.

Le dossier Infantino accentue les tensions autour du football mondial

La polémique prend encore plus de relief avec le rôle attribué à Gianni Infantino. Le président de la FIFA, annoncé sans opposition jusqu’en 2031 lors de sa prochaine réélection, pourrait ensuite devenir commissaire de la société à la fin de son mandat. Son salaire à ce poste serait évalué à 64 millions de dollars.

Cette perspective nourrit les critiques de l’UEFA, qui dénonce une démarche préparée dans la discrétion, sans véritable consultation des acteurs censés protéger l’intérêt du jeu. L’instance européenne estime qu’un dossier d’une telle portée n’aurait jamais dû être porté aussi loin sans débat clair avec les fédérations concernées.

Dans sa réaction, l’UEFA va plus loin qu’un simple désaccord de principe. Elle parle d’un grave échec de gouvernance, et même d’un abandon de responsabilité de la part de l’instance mondiale. Le ton choisi montre à quel point le fossé s’est creusé entre les deux camps.

Menace de boycott et ultimatum aux fédérations membres

Le bras de fer pourrait désormais dépasser le cadre des déclarations. L’UEFA a prévenu que les équipes européennes ne participeraient pas aux compétitions de la FIFA tant que ces propositions resteraient d’actualité. Une menace lourde de conséquences, même si elle reste pour l’instant conditionnée à l’évolution du dossier.

En parallèle, Gianni Infantino a adressé un courrier aux 211 fédérations membres pour les inciter à soutenir le plan. Il leur promet 40 millions de dollars en cas d’accord, dont 20 millions disponibles dès le 1er janvier prochain. La date limite fixée pour accepter cette offre est le 19 septembre.

Ce calendrier ajoute une pression supplémentaire sur les fédérations nationales, partagées entre une promesse financière immédiate et une réforme qui touche à l’identité même des compétitions. L’UEFA, elle, campe sur une ligne claire: certaines choses ne se vendent pas. Tant que l’Europe aura une voix, martèle-t-elle, la Coupe du monde restera hors de portée des investisseurs privés.

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