Ihattaren, pisté par le Raja Casablanca, pourrait relancer sa carrière au Maroc
Un retour aux sources se profile-t-il pour Mohamed Ihattaren ? Le milieu offensif de Fortuna Sittard, double international potentiel entre Pays-Bas et Maroc, serait dans le viseur du Raja Casablanca, selon des informations relayées ces derniers jours. Rien n’est officiel, mais la piste illustre la trajectoire singulière d’un joueur longtemps annoncé comme l’un des grands talents européens de sa génération.
Un parcours marqué par les faux départs
Formé au PSV Eindhoven, Ihattaren avait explosé aux yeux du grand public à l’adolescence, au point de rejoindre la Juventus dès août 2021. Ce transfert, censé lancer une carrière au sommet, s’est transformé en parenthèse compliquée : prêts à la Sampdoria puis à l’Ajax, difficultés personnelles et sportives, avant une rupture définitive avec le club turinois en 2023. Suivront des passages par Samsunspor en Turquie et le Slavia Prague, deux étapes qui n’auront pas permis de retrouver le niveau entrevu chez les jeunes. Son retour aux Pays-Bas, à RKC Waalwijk en septembre 2024, avait des allures de reconstruction. Son transfert à Fortuna Sittard, en août 2025, pour une somme modeste de 100 000 euros, confirmait une valorisation nettement réévaluée à la baisse : 3 millions d’euros aujourd’hui, contre les promesses initiales qui l’avaient un temps placé parmi les espoirs les plus courtisés du football néerlandais.
Une identité binationale au cœur du récit
Né à Utrecht, Ihattaren incarne cette génération de joueurs européens aux racines marocaines qui doivent choisir, à un moment de leur carrière, entre deux sélections nationales. Champion d’Europe avec les Pays-Bas U17 en 2018, il n’a toutefois jamais confirmé ce statut en équipe A, que ce soit sous le maillot orange ou les couleurs marocaines. Un transfert au Raja Casablanca, l’un des clubs historiques les plus populaires du continent africain, prendrait alors une dimension symbolique forte : celle d’un retour vers l’identité marocaine, dans un championnat en pleine structuration et de plus en plus attractif pour les binationaux évoluant en Europe, à mesure que le football marocain gagne en visibilité et en moyens.
Ce que révèlent les chiffres de sa carrière
Les statistiques d’Ihattaren en Eredivisie, 108 matches, 16 buts et 23 passes décisives, dessinent le profil d’un joueur régulier plutôt que d’un finisseur d’élite, cohérent avec son positionnement de meneur de jeu gaucher chargé de créer plutôt que de conclure. Ces chiffres, honorables sans être exceptionnels, rappellent surtout combien l’écart entre le potentiel perçu à 17 ans et la production réelle à 24 ans reste important. C’est un cas d’école dans le football moderne : la précocité médiatique ne garantit jamais la trajectoire sportive, et les blessures, le contexte personnel ou l’environnement d’un club peuvent peser autant que le talent brut.
Un dossier encore incertain
Pour l’heure, aucune offre formelle n’a été confirmée et Ihattaren reste lié à Fortuna Sittard jusqu’au 30 juin 2027. Un départ nécessiterait donc un accord financier entre les deux clubs, Fortuna n’ayant aucune obligation de céder un joueur sous contrat de longue durée. Le Raja Casablanca, habitué à recruter des profils formés en Europe pour renforcer son effectif et sa visibilité continentale, devra convaincre à la fois le joueur et son club actuel. Si l’opération se concrétise, elle s’inscrira dans une tendance plus large : celle de clubs africains ambitieux cherchant à attirer des joueurs binationaux formés dans les meilleures académies européennes, dans un mouvement qui redessine peu à peu les flux traditionnels du marché des transferts entre les deux continents.