Le football africain des clubs reprend enfin ses droits au Maroc
Cinq mois après l’arrêt brutal imposé par la pandémie de coronavirus, la Ligue des champions de la CAF retrouve ses terrains ce week-end. Casablanca accueille les demi-finales aller de l’édition 2019/2020, avec deux affiches entre géants du continent : Wydad Casablanca contre Al Ahly du Caire samedi, puis Raja Casablanca face à Zamalek dimanche. Les matches retour se disputeront le week-end suivant, avant une finale unique programmée le 6 novembre, dont le lieu – Maroc ou Égypte – reste encore à fixer.
Un calendrier bouleversé, un enjeu financier considérable
La compétition reine du football africain n’échappe pas aux conséquences économiques et sanitaires de la crise mondiale. Interrompue en pleine phase à élimination directe, elle reprend dans un format resserré, avec des rencontres à huis clos et un protocole sanitaire strict, à l’image de ce qui s’est généralisé dans les grandes ligues européennes depuis le printemps. Le vainqueur empochera 2,5 millions de dollars, soit environ 2,1 millions d’euros, une somme qui pèse lourd dans l’équilibre budgétaire des clubs africains, souvent fragilisés par l’absence prolongée de recettes de billetterie et de sponsoring.
Le choix de concentrer les demi-finales et la finale de la Coupe de la Confédération, l’équivalent africain de la Ligue Europa, exclusivement au Maroc illustre une logique similaire : limiter les déplacements et les risques sanitaires en regroupant les rencontres décisives sur un nombre réduit de sites. Renaissance Berkane affrontera Hassania Agadir à Casablanca le 19 octobre, Pyramids affrontera Horoya de Guinée à Rabat le lendemain, avant une finale rbatie le 25 octobre. Un nouveau nom viendra s’ajouter au palmarès d’un trophée disputé depuis 2004, dominé historiquement par le club tunisien du CS Sfaxien, sacré à trois reprises.
Une reprise à géométrie variable selon les pays
La situation contraste fortement d’un pays à l’autre. En Afrique du Sud, le championnat 2020/2021 débute également ce week-end, mais selon une formule inédite : une phase à élimination directe entre les huit meilleures équipes de la saison précédente, jouée à domicile mais sans spectateurs. Cette organisation succède à la “bulle sanitaire” mise en place à Johannesburg, Pretoria et Soweto lors de la reprise du mois d’août, preuve que chaque fédération adapte son calendrier aux contraintes locales plutôt que de suivre un modèle continental unique.
Ce redémarrage progressif révèle aussi les fragilités structurelles du football africain. En Égypte, le club d’Ismaily, empêtré en milieu de tableau du championnat national, pourrait tirer davantage de revenus d’une demi-finale de la Coupe arabe des clubs champions que le vainqueur de la Ligue des champions africaine – un écart qui interroge sur la hiérarchie des compétitions et l’attractivité financière du football arabe face aux structures panafricaines.
Des mouvements de joueurs à l’ombre de la crise
La pandémie n’a pas seulement bouleversé les calendriers : elle a aussi redessiné le marché des transferts. Le gardien ougandais Ismail Watenga effectue un essai chez les Sud-Africains de Mamelodi Sundowns, triple champion la saison passée, recommandé par son compatriote Denis Onyango. Le Zambien Mwape Musonda, ancien meilleur buteur du championnat sud-africain, a lui rejoint les Émirats arabes unis. Ces trajectoires témoignent d’une mobilité qui persiste malgré les restrictions sanitaires, portée par des clubs cherchant à se renforcer avant une saison à l’issue incertaine.