Mercato estival : la Premier League dépense sans compter, club par club
Chaque été, le même scénario se répète : les clubs anglais dévalisent le marché des transferts, laissant loin derrière eux l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne en matière d’investissements. Cette saison ne fait pas exception, avec des montants vertigineux déjà actés pour des joueurs jugés indispensables au projet sportif de leurs nouvelles équipes. Tour d’horizon, club par club, de ce mercato qui s’annonce une nouvelle fois hors normes.
Arsenal, la difficile gestion du succès
Peu de clubs aimeraient être à la place d’Arsenal en ce moment, contraint de réfléchir à la meilleure façon d’améliorer un effectif qui vient de remporter le titre de champion. L’exercice n’a rien d’évident, comme Liverpool pourrait en témoigner après ses propres expériences en la matière. Les Gunners ont pour l’instant appliqué une politique de un entrant pour un sortant, avec l’arrivée de Christos Tzolis compensant le départ de Leandro Trossard, tandis que Piero Hincapié et Jakub Kiwior se sont respectivement engagés et sont partis. L’arrivée d’Illan Meslier, libre de tout contrat, vient renforcer la hiérarchie des gardiens sans bouleverser les équilibres.
La véritable question porte sur Bruno Guimarães, annoncé imminent du côté de l’Emirates Stadium selon plusieurs sources proches du dossier. Une arrivée qui changerait radicalement la physionomie du mercato londonien et renforcerait un milieu de terrain déjà solide. La blessure au dos de William Saliba pourrait inciter le club à recruter en défense centrale, mais le secteur reste suffisamment fourni pour absorber cette absence sans renfort supplémentaire.
Aston Villa, un chantier de reconstruction rapide
Le début de fenêtre a été mouvementé pour Unai Emery, contraint de voir deux de ses meilleurs éléments filer chez des rivaux engagés dans la course à la Ligue des champions. Difficile toutefois de refuser une offre aussi conséquente pour Morgan Rogers, dans un marché où ce type de somme devient la norme pour un joueur de ce calibre. Le départ de Youri Tielemans, 29 ans et de plus en plus sujet aux blessures, représente lui aussi une opération financièrement cohérente.
Villa a réagi vite pour compenser ces départs. Le recrutement de Johan Manzambi, révélé lors de la dernière Coupe du monde, constitue un joli coup, d’autant que Newcastle semblait tenir la corde sur ce dossier. Joao Gomes, arrivé de Wolverhampton, apporte une puissance athlétique taillée pour l’intensité du championnat anglais. Le prêt d’Alejandro Garnacho interroge davantage : Emery a déjà su relancer Marcus Rashford, mais son pari sur Jadon Sancho n’avait pas porté ses fruits. Garnacho envoie un message à Chelsea après ses débuts avec Aston Villa
Bournemouth et Brighton, la constance des scouts
Bournemouth n’a pas connu l’exode de joueurs vécu l’été dernier, mais le principal changement s’est produit sur le banc, avec le départ d’Andoni Iraola vers Liverpool. Une question demeure : quelle part du succès du club sur le marché des transferts revenait réellement à l’entraîneur basque ? Les Cherries doivent aussi combler le vide laissé par Marcos Senesi en défense, malgré l’arrivée d’Antonio Silva depuis Benfica. Le recrutement d’Álvaro Rodríguez, en provenance d’Elche, séduit par sa polyvalence technique, même si son adaptation prendra sans doute du temps.
Brighton, fidèle à sa réputation de club malin sur le marché, a été particulièrement actif. L’arrivée du jeune défenseur croate Luka Vuskovic depuis Hamburg, en parallèle du départ de Jan Paul van Hecke vers Tottenham avec une plus-value considérable, illustre une nouvelle fois l’efficacité du recrutement des Seagulls. Le club doit désormais trouver un successeur à Danny Welbeck, parti à Chelsea.
Chelsea, Coventry et Brentford : trois stratégies distinctes
Chelsea a changé de logique cet été. La somme investie sur un joueur confirmé en Premier League comme Morgan Rogers tranche avec la stratégie récente misant sur de jeunes talents non testés. L’arrivée de Danny Welbeck et de Maxence Lacroix traduit une volonté d’apporter de l’expérience à un effectif qui en manquait cruellement, même si des zones d’ombre subsistent, notamment sur les postes laissés vacants par les départs d’Enzo Fernández et de Marc Cucurella.
Pour Coventry City, de retour en première division après vingt-cinq ans d’absence, l’enjeu est tout autre : maintenir le club à ce niveau. Frank Lampard a recruté avec prudence, misant sur des joueurs disposant déjà d’une expérience du championnat anglais, sans certitude sur leur capacité à franchir un cap supplémentaire. Brentford, de son côté, ayant manqué de peu une place européenne, a choisi la stabilité, en consolidant son effectif plutôt qu’en bouleversant son projet.