Patrice Koyamba Auteur : Patrice Koyamba Posté le 06/08/2026 - 13:01 Football Football joueurs Sport

Révélations sur la Super League: Infantino au cœur d’un nouveau malaise à la FIFA

Révélations sur la Super League: Infantino au cœur d’un nouveau malaise à la FIFA

La Super League FIFA revient au centre des tensions autour de Gianni Infantino, cette fois à cause de documents confidentiels qui suggèrent une implication bien plus profonde du président de la FIFA dans le projet avorté. Alors que l’opinion publique avait surtout retenu la condamnation du breakaway en 2021, ces éléments laissent penser qu’en coulisses, Zurich envisageait une autre voie: reprendre la main sur l’initiative plutôt que la combattre frontalement.

Le dossier est sensible, car il touche à la fois à la gouvernance, à l’influence commerciale et à la crédibilité politique de l’instance mondiale. À quelques mois d’une nouvelle élection présidentielle à la FIFA, la révélation tombe au plus mauvais moment pour Infantino.

Une Super League FIFA pensée dès 2020

Les documents évoqués font remonter les discussions à octobre 2020. À ce stade, la FIFA aurait rédigé un projet de cadre, présenté comme une base de négociation, pour intégrer la compétition sous une nouvelle identité: la « FIFA Super League ». L’idée n’était donc pas seulement de surveiller le dossier, mais de le repositionner sous l’autorité directe de l’instance mondiale.

Le plan prévoyait un partenariat de 12 ans, avec un contrôle de la dimension commerciale confié à la FIFA. Autrement dit, le projet dissident aurait pu perdre son autonomie pour devenir une vitrine placée sous supervision zürichoise. Cette perspective change la lecture de l’affaire, car elle suggère moins une opposition de principe qu’une tentative de reprise en main.

Super League FIFA: le rôle supposé d’Infantino dans les négociations

Le point le plus délicat concerne la fameuse « golden share » que Gianni Infantino aurait recherchée pour la structure rebelle. Une telle part spéciale lui aurait offert un poids décisif sur l’évolution du projet, avec une influence institutionnelle et personnelle sans précédent sur les grands clubs concernés, dont ceux du très puissant groupe des « Big Six » en Premier League.

Dans cette architecture, la Super League FIFA aurait aussi pu servir de levier pour accompagner l’extension de la Coupe du monde des clubs. Le lien entre compétition fermée, puissance commerciale et repositionnement des grandes propriétés du football mondial apparaît ici central. Rien ne prouve toutefois qu’un accord final était proche; en revanche, le simple fait que cette piste ait existé suffit à relancer les interrogations.

Un discours public en contradiction avec les coulisses

Le contraste est brutal avec les prises de position publiques d’Infantino au printemps 2021, au moment où le projet a explosé avant de s’effondrer. Devant le 45e congrès ordinaire de l’UEFA, il avait assuré que la FIFA ne pouvait que « désapprouver fortement » une entreprise présentée comme une rupture avec les institutions existantes. Le message était clair: l’instance mondiale se rangeait du côté de l’ordre établi.

Mais cette ligne officielle apparaît aujourd’hui beaucoup plus fragile. Si les documents se confirment, la FIFA n’aurait pas été un simple spectateur de la crise, ni même un opposant de principe. Elle aurait exploré une solution pour absorber le projet, à rebours du récit public entretenu après la levée de boucliers des supporters, des joueurs et de plusieurs gouvernements.

Ce décalage nourrit évidemment la défiance. Il pose aussi une question politique essentielle: à quel moment la FIFA a-t-elle réellement choisi son camp?

La Super League FIFA fragilise encore la position du président

Pour Infantino, le contexte est déjà lourd. Une tentative récente de privatisation d’éléments liés à la Coupe du monde a suscité une forte résistance en Europe et l’a obligé à faire machine arrière. Cette séquence a laissé des traces et a donné des arguments à ceux qui jugent sa gouvernance trop ambitieuse, voire trop opaque.

Dans ce climat, UEFA et ses alliés chercheraient en parallèle à convaincre certaines associations membres de se détourner d’Infantino avant le prochain scrutin présidentiel prévu en mars. Si cette dynamique se confirme, la révélation autour de la Super League FIFA pourrait peser au-delà du simple scandale médiatique. Elle devient un enjeu de rapports de force internes.

La FIFA tente de fermer la porte au doute

Face à la tempête, la FIFA maintient sa ligne de défense. Un porte-parole renvoie aux interventions de 2021 pour résumer la position officielle de l’instance. Dans une lettre commune, Infantino et le secrétaire général Mattias Grafstrom ont aussi affirmé que l’organisation ne tolérerait plus d’attaques contre son intégrité et sa bonne gouvernance.

Le problème, c’est que cette communication ne suffit pas à faire disparaître les soupçons. La FIFA doit désormais composer avec une méfiance accrue, à la fois dans le grand public et parmi ses propres membres. La APK se retrouve donc face à un test de crédibilité majeur, et la Super League FIFA risque de rester longtemps un dossier encombrant pour Gianni Infantino.

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