Claude Le Roy reprend les rênes du Congo-Brazzaville pour relancer les Diables Rouges
À 78 ans, Claude Le Roy n’a pas dit son dernier mot. Le technicien français, figure tutélaire du football africain depuis quatre décennies, vient d’être officiellement nommé sélectionneur de la République du Congo, après la signature de son contrat lors d’une cérémonie organisée au ministère des Sports de Brazzaville. La Fédération congolaise de football (FECOFOOT) a confirmé l’événement sur ses réseaux sociaux, précisant que Le Roy exercera également une mission de consultant stratégique auprès des instances dirigeantes du football congolais. Un retour qui dépasse le simple recrutement d’un entraîneur.
Un contrat construit sur la transition
L’accord signé court sur deux ans, mais sa structure interne est particulièrement révélatrice des intentions des deux parties. Selon la FECOFOOT, Le Roy prévoit de piloter directement la sélection pendant environ dix-huit mois, avant de céder progressivement les responsabilités techniques à son adjoint désigné, Omar Daf. Cette passation de pouvoir organisée en amont constitue une démarche rare dans le football africain, où les transitions d’encadrement se font souvent dans l’urgence et la discontinuité. L’idée est claire : profiter de l’autorité et de l’expérience du Français pour poser des fondations solides, tout en préparant un successeur interne capable d’assurer la continuité du projet. La FECOFOOT a insisté sur la nécessité de « stabilité et de crédibilité » pour un programme national qui a traversé des années de turbulences.
Au-delà du banc de touche, Le Roy est attendu sur un terrain plus large : celui de la gouvernance. Sa mission de consultant implique une contribution directe aux réformes organisationnelles du football congolais, de la structuration des compétitions nationales à la formation des cadres techniques. C’est une double casquette exigeante, mais cohérente avec le profil d’un homme qui n’a jamais limité son rôle à la seule gestion du groupe professionnel.
Une carrière africaine hors du commun
Pour comprendre le poids symbolique de ce retour, il faut mesurer ce que représente Claude Le Roy sur le continent. Sa trajectoire africaine s’étend sur près de quarante ans, traversant une douzaine de sélections nationales et plusieurs des moments les plus marquants de l’histoire de la Coupe d’Afrique des nations. C’est avec le Cameroun qu’il a inscrit son nom dans les annales : finaliste de la CAN 1986, il en remporte l’édition 1988 avec les Lions indomptables, un titre qui reste son accomplissement le plus cité. Il prend ensuite en charge le Sénégal, qu’il conduit jusqu’aux quarts de finale de la CAN 1992, avant de revenir sur le banc camerounais pour la Coupe du monde 1998 en France.
Son passage à la tête du Ghana illustre une autre dimension de son apport : en février 2008, les Black Stars atteignent sous sa direction la 14e place du classement FIFA, un sommet historique pour la sélection ghanéenne. Il démissionne quelques mois plus tard, en mai 2008, dans un contexte de tensions internes. Le Roy avait déjà dirigé le Congo une première fois à partir de 2015, avant de quitter le poste après les éliminatoires de la Coupe du monde 2018. Son dernier poste en date fut celui de sélectionneur du Togo, qu’il avait quitté en avril 2021 sans avoir réussi à qualifier les Éperviers pour la CAN. Ce nouveau chapitre congolais s’inscrit donc dans une longue continuité.
L’objectif immédiat : la CAN 2027
La première mission sportive de Le Roy est précisément balisée : qualifier le Congo pour la Coupe d’Afrique des nations 2027, qui se tiendra en Afrique de l’Est. Les Diables Rouges évoluent dans un groupe exigeant, aux côtés du Cameroun, des Comores et de la Namibie. Affronter les Lions indomptables – la sélection avec laquelle Le Roy a écrit ses plus belles pages – ne manquera pas d’alimenter les récits autour de cette campagne qualificative.
Le technicien a formulé ses attentes dès la signature du contrat : rigueur, discipline, professionnalisme, respect des engagements et vision à long terme. Ces principes, martelés depuis ses premières déclarations, dessinent une ambition qui va au-delà du simple résultat sportif. Le football congolais a besoin de repères stables. En choisissant un homme de cette expérience, associé à un plan de succession clairement défini, la FECOFOOT envoie un signal fort : elle mise sur la durée, pas sur l’improvisation.