Lucien Malama Auteur : Lucien Malama Posté le 23/06/2026 - 16:44 Football Internationale

Le Canada écrase le Qatar 6-0 et inscrit sa première victoire en Coupe du monde

Six buts, neuf adversaires en fin de match, et une page d’histoire tournée : le Canada a infligé une correction mémorable au Qatar pour décrocher leur toute première victoire dans une phase finale de Coupe du monde. Un résultat qui dépasse la simple arithmétique sportive et révèle les contours d’un collectif en pleine maturation.

Un triplé de David, symbole d’une génération dorée

Jonathan David a porté la soirée sur ses épaules avec un hat-trick d’une efficacité clinique. Difficile d’imaginer une trajectoire plus révélatrice de la manière dont l’Europe – et la Belgique en particulier – a façonné cette génération de joueurs canadiens. C’est à La Gantoise, entre 2018 et 2020, que l’attaquant s’est révélé au grand public européen : 37 buts en 83 matchs, dont 23 en une seule saison, suffisants pour convaincre Lille de miser sur lui. En cinq saisons au nord de la France, il a inscrit 109 buts en 232 rencontres et remporté le titre de Ligue 1 lors de l’exercice 2020-2021. Transféré à la Juventus l’été dernier, il peine encore à reproduire ce niveau de performance en Serie A. Ce soir-là face au Qatar, en revanche, les doutes italiens semblaient loin.

Cyle Larin a ouvert le score pour les Canadiens dans les premières minutes. L’attaquant de 31 ans, aujourd’hui à Southampton, a lui aussi une relation particulière avec le championnat belge. Prêté à Zulte Waregem lors de la saison 2019-2020, il avait inscrit neuf buts en 33 matchs avant de rejoindre le Club Bruges en 2022. L’aventure brugeoise n’a pas été à la hauteur des espoirs – un seul but en 13 apparitions – mais l’expérience belge reste inscrite dans son parcours. Après des passages à Real Valladolid, Majorque et Feyenoord, c’est à Southampton qu’il joue désormais, visiblement affûté.

Saliba, Buchanan et l’effet Pro League belge

Nathan Saliba a signé le but le plus spectaculaire de la soirée : un coup franc parfaitement arqué, le premier de ce tournoi pour le Canada. Formé à CF Montréal, il a rejoint Anderlecht à l’été 2025 et a livré une saison solide avec les Mauves – cinq buts en 45 matchs. Ce troisième but en sélection canadienne est sans conteste le plus beau. Saliba est aussi le seul des buteurs canadiens à évoluer encore aujourd’hui en Pro League belge, ce qui confère à son but une dimension presque symbolique.

Tajon Buchanan, lui, n’a pas marqué mais a été omniprésent, électrisant la défense qatarie sur son couloir. Le milieu ailier de 27 ans, actuellement à Villarreal, avait débarqué en Europe depuis la MLS en 2022, rejoignant lui aussi le Club Bruges où il a disputé 67 matchs pour cinq buts et sept passes décisives. Un passage à l’Inter Milan, moins concluant, lui a néanmoins permis d’accéder à la Liga, où il s’est imposé comme un élément central du jeu espagnol de Villarreal. Pour le Canada, il est un titulaire indiscutable.

Le cinquième but canadien, inscrit contre son camp par un défenseur qatari, complète un tableau qui laisse peu de place au doute. En dehors de cet autogoal, les cinq buteurs canadiens partagent une expérience commune : la Pro League belge. Ce n’est pas une coïncidence anecdotique mais le reflet d’une réalité structurelle : la Belgique offre depuis une décennie un tremplin idéal pour les joueurs nord-américains qui cherchent à s’acclimater à l’intensité du football européen avant de viser des championnats plus cotés.

Ce résultat envoie-t-il vraiment le Canada en huitièmes ?

Ce 6-0 place le Canada dans une position très favorable pour accéder pour la première fois de leur histoire à la phase à élimination directe d’une Coupe du monde. La nation avait déjà participé à un Mondial en 1986, au Mexique, sans inscrire le moindre but ni récolter un seul point. Quarante ans plus tard, le visage du football canadien a radicalement changé : une infrastructure professionnelle renforcée, une génération de joueurs formés dans les meilleurs clubs européens, et un tournoi organisé à domicile qui galvanise les ambitions.

Si le Canada souhaite aller plus loin, il devra compter sur cette colonne vertébrale belge : David pour les buts, Buchanan pour la vitesse et la percussion, Larin pour son expérience et son flair, Saliba pour l’impact sur coups de pied arrêtés. La Pro League belge ne produit peut-être pas les plus grandes stars mondiales, mais elle exporte avec constance des joueurs solides, compétitifs et déjà aguerris à l’exigence européenne. Ce soir contre le Qatar, c’est précisément cette école qui a fait la différence. Pour plus d’analyses sur la Coupe du Monde et les performances des nations africaines, consultez aussi notre article sur le Sénégal.

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