Le Wydad accélère sa mue sous la présidence d’El Assri
Deux semaines. C’est le temps qu’il aura fallu à Ibrahim El Assri, tout juste élu président du Wydad de Casablanca le 21 juillet, pour transformer l’organigramme sportif du club et lancer un mercato estival déjà dense. Nouvel entraîneur, nouveau poste de coordination sportive, quatre recrues actées : les Rouge et Blanc posent les bases de la saison 2026-2027 avec une rapidité qui tranche avec les habitudes du club ces dernières années.
Un banc de touche confié à un technicien expérimenté
Le premier chantier a concerné l’encadrement technique. Paulo Sérgio Brito, entraîneur portugais de 58 ans, a été nommé pour une saison. Son parcours parle pour lui : passé par le Sporting CP, l’APOEL Nicosie et plusieurs clubs saoudiens, il arrive avec une expérience internationale variée, capable de s’adapter à des contextes footballistiques différents. Sa mission s’annonce délicate : succéder à une période marquée par l’instabilité, puisque le club a vu défiler trois entraîneurs lors du seul exercice précédent. Une telle rotation nuit toujours à la continuité du jeu et à la cohésion du vestiaire ; stabiliser le banc constitue donc une priorité stratégique autant que sportive.
Une nouvelle fonction pour structurer le projet sportif
Autre signal fort de cette restructuration : la création d’un poste de coordinateur sportif, confié à Salaheddine Saidi. Cette fonction, de plus en plus répandue dans les clubs professionnels modernes, vise à assurer la cohérence entre la direction, le staff technique et le recrutement. Elle traduit une volonté de professionnalisation de la gouvernance, à l’image de ce que pratiquent de nombreux clubs européens depuis plusieurs années. Le choix de Saidi n’est pas anodin : ancien milieu de terrain du Wydad entre 2014 et 2021, il connaît intimement la culture du club et son histoire palmarès, ayant contribué à quatre titres de Botola Pro, une Ligue des Champions africaine et une Supercoupe de la CAF. Sa connaissance du terrain et son attachement institutionnel en font un relais naturel entre la nouvelle direction et le groupe professionnel.
Un mercato marqué par les retours au bercail
Sur le plan des transferts, la tendance est claire : le Wydad mise sur ses anciens joueurs formés en interne. Ayman El Hassouni, milieu offensif de 31 ans, revient après des expériences au Qatar, aux Émirats arabes unis et en Libye, où il a été sacré champion avec Al-Swehly. Il rejoint un club où il a déjà glané cinq titres de Botola Pro et une Ligue des Champions, un vécu qui pourrait accélérer son intégration dans un effectif en reconstruction.
Le latéral gauche Hamza Janan Allah, également formé au club, revient lui aussi après des passages à l’Union sportive de Temara et à l’Olympique Dcheira, avec un contrat de trois ans qui témoigne d’une volonté de projection à moyen terme. Enfin, le gardien Rachid Ghamini, 25 ans, formé au Rapid Oued Zem et passé par le FUS de Rabat, s’engage pour trois saisons, renforçant un secteur souvent décisif dans les compétitions africaines.
Une reconstruction encore inachevée
Ces premiers mouvements ne referment pas le dossier du mercato. D’autres arrivées sont annoncées dans les prochains jours pour compléter un effectif appelé à répondre à des ambitions multiples : compétitivité en Botola Pro, mais aussi présence sur la scène continentale, où le Wydad reste l’un des clubs marocains les plus titrés. La méthode choisie par Ibrahim El Assri, combinant stabilité technique, structuration de l’encadrement et fidélité aux enfants du club, dessine une ligne directrice claire. Reste à savoir si cette cohérence affichée sur le papier se traduira par des résultats sur le terrain, seul juge de paix dans un football marocain de plus en plus disputé.