Patrice Koyamba Auteur : Patrice Koyamba Posté le 17/06/2026 - 16:16 Pronostics Football

L’Irak retrouve la Coupe du Monde face à une Norvège portée par Haaland

Quarante ans d’absence, un parcours qualificatif haletant et un premier match face à l’une des attaques les plus redoutables du Mondial : l’Irak entre en lice de manière particulièrement exigeante. Dans la nuit du mardi 16 au mercredi 17 juin 2026, au Gillette Stadium de Foxborough, Massachusetts, les Lions de Mésopotamie affrontent la Norvège à 00h00 (heure française) pour l’ouverture du Groupe I. Sur le papier, l’écart est abyssal. Sur le terrain, les histoires de football s’écrivent parfois autrement.

Un retour inédit sur la scène mondiale

L’Irak n’avait plus participé à une Coupe du Monde depuis 1986, quand la sélection mésopotamienne avait fait sa seule apparition en phase finale avant ce Mondial 2026. Quatre décennies d’absence, ponctuées par des décennies de troubles géopolitiques, de sanctions internationales et d’une infrastructure sportive durablement fragilisée. Le retour au Mondial n’est donc pas qu’un événement footballistique : il constitue un signal fort sur la résilience d’un pays qui a longtemps vu le sport passer après la survie.

Le chemin pour y parvenir fut le plus long du tournoi. L’Irak a traversé la qualification asiatique, puis s’est imposé en barrage intercontinental en battant la Bolivie 2-1 en finale. Ce ticket arraché au dernier moment – le 48e et dernier billet disponible – a déclenché une liesse nationale rare. Aymen Hussein, auteur du but décisif face à la Bolivie et cadre offensif avec 33 buts en 95 sélections, incarne cette épopée. À ses côtés, Zidane Iqbal, milieu formé à Manchester United, apporte une dimension européenne peu commune dans le football asiatique.

Le sélectionneur Graham Arnold n’est pas novice à ce niveau. Il avait conduit l’Australie jusqu’en huitièmes de finale lors du Mondial 2022, s’appuyant sur une organisation défensive rigoureuse et une efficacité en contre-attaque. C’est précisément ce modèle qu’il tente de reproduire avec l’Irak. Les résultats récents envoient des signaux contrastés : un nul 1-1 face à l’Espagne championne d’Europe témoigne d’une solidité défensive réelle, tandis qu’une défaite 0-2 contre le Venezuela révèle des carences offensives préoccupantes – quatre buts seulement en cinq matchs de préparation.

La Norvège, une génération dorée en quête de consécration mondiale

La Norvège aborde ce Mondial comme la nation européenne la mieux armée offensivement. Huit victoires en huit matchs de qualifications, 38 buts marqués : un bilan historique qui traduit une puissance collective rarement vue dans les éliminatoires du Vieux Continent. Erling Haaland en est le moteur, mais aussi le symbole. Avec 55 buts en 50 sélections, il débarque à Foxborough affamé – c’est sa première Coupe du Monde, et il a attendu ce rendez-vous toute sa carrière.

L’entourage est à la hauteur. Martin Odegaard, capitaine d’Arsenal et architecte du jeu norvégien, dicte le tempo. Antonio Nusa, ailier percutant, et Alexander Sørloth, attaquant de grande surface, complètent un trio offensif que très peu de défenses peuvent neutraliser sur 90 minutes. Ståle Solbakken dispose de l’effectif le plus complet de l’histoire de la sélection norvégienne.

Mais les amicaux récents ont mis en lumière une limite : face à un bloc compact et bien organisé, la Norvège peut manquer de fluidité. Un nul 0-0 contre la Suisse et une défaite 1-2 face aux Pays-Bas rappellent que la supériorité individuelle ne suffit pas toujours à déstabiliser une équipe disciplinée. L’Irak de Graham Arnold, avec sa ligne défensive à quatre et ses milieux récupérateurs, cherchera précisément à exploiter cette fragilité.

Pronostic, compositions et ce qu’il faut surveiller

Les deux équipes s’affrontent pour la première fois de leur histoire. Aucun précédent, aucune psychologie d’un passé commun : le 17 juin 2026 sera leur premier duel. L’explication est simple – l’Irak évolue en zone AFC, la Norvège en zone UEFA, et les deux nations n’avaient plus cohabité simultanément dans un Mondial depuis 1998.

  • Irak (4-4-2) : J. Hassan – H. Ali, R. Sulaka, Z. Tahseen, M. Doski – I. Bayesh, A. Al-Ammari, Z. Iqbal, A. Jasim – A. Al-Hamadi, A. Hussein. Entraîneur : Graham Arnold
  • Norvège (4-3-3) : Nyland – Ryerson, Ajer, Heggem, Moller Wolfe – Aursnes, Berge, Odegaard – Sørloth, Haaland, Nusa. Entraîneur : Ståle Solbakken
  • Aucune absence majeure dans les deux camps. Les deux sélectionneurs disposent de leurs effectifs au complet.
  • Diffusion : M6 (en clair) et beIN Sports (abonnés).

La logique sportive pointe clairement vers une victoire norvégienne. L’écart au classement FIFA – 26 places – est significatif, et la puissance offensive scandinave devrait finir par peser sur une défense irakienne qui, aussi disciplinée soit-elle, sera exposée sur la durée. Haaland, qui n’a jamais joué une phase finale de Coupe du Monde, aura à cœur de marquer son empreinte dès ce premier acte.

La question n’est pas tant de savoir si la Norvège va s’imposer, mais si l’Irak parviendra à résister suffisamment longtemps pour compliquer le scénario. Une ouverture du score rapide des Lions de Mésopotamie reste peu probable, mais un bloc défensif tenu pendant une heure, suivi d’un effondrement physique en fin de match, correspond davantage au scénario réaliste. L’Irak n’est pas là pour faire de la figuration : il a prouvé au fil de ses qualifications qu’il peut frustrer des équipes supérieures. Mais Haaland n’est pas une équipe ordinaire. Il est un phénomène à lui seul, et les phénomènes ont rarement pitié des premières Coupes du Monde adverses.

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