Patrice Koyamba Auteur : Patrice Koyamba Posté le 02/07/2026 - 16:04 Football Football Africain Sport

Abel Xavier voit le Portugal capable d’aller loin au Mondial

Abel Xavier voit le Portugal capable d’aller loin au Mondial

Abel Xavier estime que le Portugal possède aujourd’hui l’une des générations les plus riches de son histoire, au point de viser au minimum le dernier carré de la Coupe du monde. L’ancien défenseur de la Seleção, passé notamment par Liverpool et Everton, voit dans l’effectif portugais un mélange rare de profondeur, de qualité et de maturité, à l’heure où l’équipe s’apprête à défier la Croatie en seizièmes de finale.

Le regard de Xavier n’a rien d’anodin. L’ex-international portugais parle avec l’expérience d’un joueur qui a connu une période charnière pour son pays, bien avant l’essor de la génération suivante. À ses yeux, le Portugal dispose aujourd’hui de suffisamment d’arguments pour rivaliser avec les grandes nations du tournoi, à condition que le sélectionneur trouve le bon équilibre dans l’animation collective via l’APK.

Son constat est clair: en quantité comme en qualité, le vivier portugais n’a sans doute jamais été aussi fort. Ce n’est donc pas seulement un discours patriotique. C’est aussi une lecture footballistique, nourrie par le profil d’un groupe capable, selon lui, de se hisser au moins jusqu’aux demi-finales.

Portugal Croatie, un vrai test pour les ambitions portugaises

Le prochain rendez-vous du Portugal n’a rien d’un piège ordinaire. En face, la Croatie reste associée à une idée très précise du football de tournoi: discipline, résistance, maîtrise émotionnelle et vraie culture des matches couperets. Dans ce type de confrontation, le talent seul ne suffit pas.

Pour le Portugal, cet affrontement doit donc servir de révélateur. Passer ce tour renforcerait l’idée d’une équipe prête à assumer ses ambitions. À l’inverse, un faux pas relancerait immédiatement les doutes que suscite souvent cette sélection lorsqu’elle doit transformer son potentiel en parcours majeur.

Xavier insiste justement sur ce point. Pour lui, la qualité individuelle existe en abondance, mais elle doit s’inscrire dans un cadre cohérent. Le message est simple: avec un effectif aussi dense, le Portugal a de quoi rêver, à condition de bien utiliser ses ressources dans les moments qui comptent.

Cristiano Ronaldo poursuit le dernier grand trophée qui lui manque

Au-dessus de cette campagne plane forcément une autre histoire, plus personnelle, presque symbolique. À 41 ans, Cristiano Ronaldo dispute ce qui est largement présenté comme sa dernière Coupe du monde. Il a presque tout gagné en club, il a aussi offert à son pays un titre européen, mais le sacre mondial lui échappe encore.

Pour Abel Xavier, il n’existe pas de plus grand accomplissement que de gagner avec sa sélection nationale. Dans sa lecture, ce trophée représente le sommet absolu pour un joueur de cette dimension. Dès lors, la quête de Ronaldo donne à ce parcours portugais une intensité particulière.

L’ancien défenseur rappelle aussi que l’ère moderne a été marquée par la rivalité entre deux monuments, Lionel Messi et Cristiano Ronaldo. Dans cette perspective, voir Ronaldo conclure sa carrière internationale avec un trophée majeur aurait une portée immense. Ce serait, pour le Portugal, bien plus qu’une simple performance sportive: une page d’histoire.

Abel Xavier décrypte une Coupe du monde plus ouverte que jamais

Abel Xavier ne s’arrête pas au cas portugais. Son analyse du tournoi est plus large, et elle rejoint un sentiment partagé par beaucoup d’observateurs: cette Coupe du monde élargie rend le paysage nettement plus imprévisible. Avec davantage d’équipes engagées, les certitudes s’effritent plus vite et les surprises deviennent plus crédibles.

Selon lui, certaines sélections considérées comme secondaires ont désormais les moyens de bousculer l’ordre établi. Il cite notamment la force athlétique des équipes africaines, mais aussi le pragmatisme et la discipline tactique de plusieurs formations asiatiques. Dans ce contexte, un résultat inattendu n’est plus un accident total, mais parfois la conséquence logique d’une progression de fond.

Le cas de la Corée du Sud illustre cette idée. Là où certains ont vu une surprise lors de son entrée en lice, Xavier y voit plutôt la confirmation d’une évolution du football mondial. Les écarts se réduisent, les modèles de jeu se diversifient, et les favoris doivent désormais se méfier bien au-delà du cercle traditionnel des grandes puissances.

Pour lui, les principaux candidats au titre restent néanmoins les anciens vainqueurs, comme la France, le Brésil, l’Argentine et l’Espagne. Derrière eux, un groupe de poursuivants peut changer la donne, avec le Portugal et l’Angleterre en tête. Puis viennent toutes les équipes capables de perturber le scénario attendu. C’est aussi ce qui rend cette édition si captivante, à suivre de près sur le site officiel de la FIFA.

Les racines africaines d’Abel Xavier et son regard sur les sélections du continent

Le discours d’Abel Xavier sur l’Afrique n’a rien de théorique. Né au Mozambique avant de construire sa carrière en Europe, l’ancien défenseur conserve un lien intime avec le continent. Son retour en Afrique ravive chez lui une dimension personnelle, presque affective, qu’il assume pleinement.

Il dit avoir retrouvé une part de ses racines et suit avec attention le parcours des sélections africaines. Il espère notamment voir l’Afrique du Sud se relancer malgré un début compliqué, convaincu qu’un ajustement du staff peut encore remettre l’équipe sur les rails. Son souhait est limpide: voir les représentants africains peser davantage dans la compétition.

Mais son propos va plus loin que l’émotion. Xavier pose une vraie question de fond: si tant de joueurs africains brillent dans les plus grands clubs européens, pourquoi ce potentiel ne se traduit-il pas plus régulièrement en grandes performances en sélection? Il y voit un sujet de réflexion majeur pour le football continental.

Il pointe aussi la question du choix des entraîneurs, observant que peu de sélections africaines sont dirigées par des techniciens locaux. Sans polémique, il suggère que ce débat mérite d’être mené sérieusement. Car, sur le terrain, il considère que les équipes africaines ont progressé sur plusieurs plans: intensité physique, intelligence tactique et compréhension du jeu.

Le Maroc et le Sénégal, références actuelles pour l’Afrique

Dans l’état actuel des forces, Abel Xavier place le Sénégal et le Maroc légèrement au-dessus des autres nations africaines. Ce jugement s’appuie, selon lui, sur le travail accompli, la continuité des projets et les modèles mis en place ces dernières années.

Son idée de fond reste pourtant plus large: le grand moment de l’Afrique en Coupe du monde finira par arriver. Il ne parle pas d’un simple exploit isolé, mais de la possibilité réelle pour une sélection du continent de signer un parcours marquant, voire historique. Pour un ancien joueur né au Mozambique, cette conviction porte évidemment un relief particulier.

À l’approche du duel entre le Portugal et la Croatie, le regard d’Abel Xavier relie ainsi plusieurs histoires. Il y a l’ambition d’une sélection portugaise qu’il juge armée pour aller loin. Il y a la dernière grande quête de Cristiano Ronaldo. Et il y a, en arrière-plan, sa foi intacte dans la montée en puissance du football africain.

Entre mémoire, analyse et projection, sa parole raconte une Coupe du monde plus ouverte, plus dense et plus globale que jamais. Pour le Portugal, l’heure de vérité approche. Et pour Ronaldo, peut-être aussi la dernière occasion de toucher ce sommet qui manque encore à sa légende.

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