Patrice Koyamba Auteur : Patrice Koyamba Posté le 10/07/2026 - 20:10 Football Africain

L’Égypte demande à la CAF d’élargir ses compétitions de clubs africains

Hany Abo Rida, président de la Fédération égyptienne de football, a soumis une proposition officielle à la Confédération africaine de football (CAF) en faveur d’une extension du nombre de places accordées aux associations membres dans la Ligue des champions africaine et dans la Coupe de la Confédération. La demande s’appuie sur les performances remarquées des sélections africaines lors de la Coupe du monde 2026, perçues comme la démonstration d’un football continental en pleine montée en puissance. Si elle est acceptée, cette réforme pourrait redistribuer en profondeur la représentation des clubs sur la scène continentale.

Le contenu de la proposition : une place supplémentaire par association

La demande est précise dans sa formulation : chaque association membre de la CAF se verrait attribuer un ticket supplémentaire dans chacune des deux compétitions phares du continent. L’attribution de ces places supplémentaires suivrait le système de classement et le règlement existants de la CAF, ce qui signifie que les associations les mieux classées seraient les premières à bénéficier de cette extension. Les clubs supplémentaires entreraient en lice dès les tours préliminaires de qualification, préservant ainsi la logique sportive des compétitions.

Certaines des associations les mieux classées du continent pourraient ainsi aligner jusqu’à trois clubs dans chacune des deux compétitions. L’impact serait immédiat pour l’Égypte : dans la configuration actuelle, Al Ahly SC est qualifié pour la Coupe de la Confédération après avoir terminé troisième du championnat national, tandis que le Zamalek SC et Pyramids FC représentent l’Égypte en Ligue des champions. Si la CAF valide la réforme, Al Ahly rejoindrait ses deux rivaux en Ligue des champions, offrant à l’Égypte une représentation inédite dans la compétition reine du continent.

Un contexte favorable : le Mondial 2026 comme argument de poids

La référence aux performances africaines lors du Mondial 2026 n’est pas anodine. Les grandes compétitions mondiales servent régulièrement de catalyseur aux réformes institutionnelles au sein des confédérations continentales. Lorsque des sélections parviennent à marquer les esprits sur la scène mondiale, elles renforcent l’argumentaire des fédérations qui réclament davantage de moyens, de visibilité et d’espaces de compétition pour leurs clubs. C’est précisément le raisonnement qu’adopte la Fédération égyptienne : les progrès enregistrés sur le plan international méritent d’être récompensés au niveau des clubs, qui constituent le socle de développement du football de haut niveau.

La logique est structurelle. Un calendrier compétitif plus dense au niveau continental offre aux clubs africains davantage de matchs de référence, ce qui contribue à affûter leur niveau de jeu, à attirer des investisseurs et à renforcer leur attractivité auprès de sponsors et de diffuseurs. Les compétitions de clubs africaines ont déjà connu plusieurs évolutions de format au fil des années, la CAF cherchant à trouver l’équilibre entre inclusion des associations moins dotées et maintien d’une exigence sportive élevée.

Enjeux institutionnels et limites de la réforme

La CAF devra peser plusieurs facteurs avant de se prononcer. Toute extension du nombre de participants allonge mécaniquement les phases préliminaires, ce qui accroît la charge physique et logistique des clubs, notamment ceux disposant de ressources limitées. La qualité sportive des tours préliminaires, souvent critiquée pour l’hétérogénéité du niveau entre participants, constitue un point de vigilance. Élargir l’accès sans garanties minimales d’infrastructures et de capacités d’organisation expose les compétitions à des difficultés opérationnelles.

Par ailleurs, la proposition émane d’une association qui bénéficierait directement et concrètement de la réforme – Al Ahly accédant à la Ligue des champions en lieu et place de la Coupe de la Confédération. Cela ne disqualifie pas la demande sur le fond, mais la CAF devra s’assurer que la décision repose sur des critères sportifs et structurels objectifs, et non sur les intérêts spécifiques de quelques fédérations dominantes. La crédibilité de la confédération en dépend. La Fédération égyptienne indique que la proposition a été formellement transmise à la CAF, dont la réponse reste attendue. Pour plus d’informations sur l’organisation des compétitions, consultez le calendrier des inscriptions pour ses compétitions de clubs 2026-27.

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