Lucien Malama Auteur : Lucien Malama Posté le 03/08/2026 - 09:02 Football Internationale

L’Angleterre devra se qualifier malgré son statut de pays hôte de l’Euro 2028

L’UEFA n’accordera pas de place automatique à l’Angleterre pour l’Euro 2028, alors même que le pays fait partie des quatre nations organisatrices du tournoi avec le Pays de Galles, l’Écosse et la République d’Irlande. Une décision qui tranche nettement avec celle de la FIFA pour la Coupe du monde 2030, où l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay ont obtenu leur billet sans passer par les éliminatoires malgré un rôle d’hôte limité à une seule rencontre chacun.

Un système à filet de sécurité plutôt qu’une place garantie

Vingt-quatre équipes participeront à l’Euro 2028, contre 32 lors du Mondial disputé aux États-Unis, au Mexique et au Canada. Pour les éliminatoires, l’UEFA a réparti les nations en douze groupes. Les premiers de chaque groupe, ainsi que les huit meilleurs deuxièmes, décrochent leur qualification directe. Aucun des quatre pays hôtes ne bénéficie d’un sésame automatique à ce stade.

L’instance européenne a toutefois prévu un mécanisme de rattrapage : deux places supplémentaires sont réservées aux deux nations organisatrices les mieux classées parmi celles qui n’auraient ni gagné leur groupe ni terminé meilleur deuxième. Concrètement, même en cas de parcours qualificatif décevant, l’Angleterre resterait qualifiée si elle figure parmi les deux meilleurs hôtes non repêchés par le classement général, ce qui semble hautement probable au vu du niveau habituel de la sélection de Thomas Tuchel.

Le seul scénario qui exclurait les Three Lions

Pour que l’Angleterre reste à la maison, il faudrait un enchaînement improbable : ne pas terminer premier de groupe ni meilleur deuxième, et voir simultanément deux des trois autres nations hôtes britanniques et irlandaise devancer les Anglais au classement qualificatif général, que ce soit au nombre de points ou à la différence de buts. Un scénario jugé peu réaliste, mais qui illustre la logique du système : l’UEFA veut inciter les équipes hôtes à obtenir leur place sportivement, tout en évitant l’absurdité d’un pays organisateur totalement absent de son propre tournoi.

Pourquoi la FIFA a fait un choix radicalement différent

La Coupe du monde 2030 sera célébrée comme un centenaire, cent ans après la première édition disputée en 1930. Pour marquer l’événement, la FIFA a annoncé en 2023 que trois matches d’ouverture se joueraient en Uruguay, en Argentine et au Paraguay, avant que le tournoi ne se poursuive en Espagne, au Portugal et au Maroc. L’Uruguay avait accueilli et remporté cette première Coupe du monde face à l’Argentine à Montevideo, ce qui justifie la présence des deux pays dans ce dispositif symbolique. Le Paraguay, siège historique de la CONMEBOL, complète ce trio commémoratif.

Chacun de ces trois pays n’accueillera qu’une seule rencontre avant que la compétition ne bascule vers l’Europe et l’Afrique du Nord. Malgré cette implication minime sur le plan logistique, la FIFA a choisi d’accorder une qualification automatique aux six nations organisatrices, portant le total à six places garanties sans passer par les éliminatoires. L’Espagne sera aussi l’un des pays hôtes principaux.

Deux philosophies, deux conceptions de l’hospitalité sportive

Ce contraste entre l’UEFA et la FIFA révèle deux approches distinctes de la notion de pays hôte. L’instance européenne privilégie le mérite sportif, même symbolique, quitte à instaurer des garde-fous pour éviter tout embarras diplomatique. La FIFA, elle, a fait le choix de l’hommage historique, quitte à déséquilibrer la logique compétitive pure. Pour l’Angleterre, cette configuration signifie des éliminatoires disputées avec de vrais enjeux sportifs, tout en conservant une sécurité structurelle qui rend une non-qualification quasiment improbable. Pour suivre l’actualité des clubs européens, découvrez comment la Coupe d’Afrique des nations prive les clubs européens de leurs stars ou comment le Wydad accélère sa mue sous la présidence d’El Assri.

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