Hassan Waberi accède à la vice-présidence de la CAF, une première historique pour Djibouti
Le football africain a un nouveau visage à sa tête : Hassan Suleiman Waberi, président de la Fédération djiboutienne de football (DFF), a été nommé troisième vice-président de la Confédération africaine de football (CAF) lors de la première réunion du Comité exécutif placée sous la présidence du Dr Patrice Motsepe. La réunion s’est tenue samedi au Sofitel de Rabat, au Maroc, marquant le coup d’envoi d’une nouvelle ère pour l’instance dirigeante du football continental. Pour Djibouti, petit État de la Corne de l’Afrique, cette nomination représente une percée inédite dans les cercles du pouvoir footballistique africain.
Une consécration portée par l’histoire de la zone CECAFA
La nomination de Waberi revêt une dimension symbolique qui dépasse les frontières djiboutiennes. Il devient le deuxième dirigeant issu du Conseil des associations de football d’Afrique de l’Est et du Centre – la zone CECAFA – à accéder au rang de vice-président de la CAF. Le premier fut le regretté Farah Addo, ancien président de la Fédération somalienne de football et premier vice-président de la CAF, qui avait également obtenu le statut de membre honoraire de l’organisation avant son décès. La trajectoire d’Addo avait ouvert une voie ; Waberi s’y engage aujourd’hui avec une légitimité construite au fil de ses mandats au sein du Comité exécutif de la CAF.
La zone CECAFA regroupe des nations dont les fédérations disposent souvent de ressources limitées face aux poids lourds du football africain que sont le Maroc, le Nigeria, ou l’Égypte. Qu’un de ses représentants occupe désormais un poste de vice-président constitue un signal fort quant à la volonté affichée de la nouvelle direction de la CAF d’assurer une représentativité géographique plus équilibrée au sein de ses instances.
Un Comité exécutif reconfiguré autour de Motsepe
La composition du bureau reflète les compromis politiques qui ont précédé l’élection du Dr Patrice Motsepe à la présidence de la CAF. Augustin Senghor, président de la Fédération sénégalaise de football, a été désigné premier vice-président, tandis qu’Ahmed Yahya, son homologue mauritanien, occupe le deuxième poste. Ces deux dirigeants avaient initialement présenté leur candidature à la présidence avant de se retirer au nom de ce qu’ils ont qualifié d’unité du football africain. Leur intégration au bureau exécutif à des postes de premier rang constitue la contrepartie naturelle de ce retrait concerté.
Le quatrième poste de vice-président revient au Camerounais Seidou Mbombo Njoya, et le cinquième à Kanizat Ibrahim, présidente du comité de normalisation de la Fédération des Comores. Par ailleurs, le Comité a entériné la nomination de Veron Mosengo-Omba au poste de secrétaire général. Ancien responsable des associations membres à la FIFA, Mosengo-Omba succède à Abdelmounaim Bah, qui assurait la fonction par intérim.
Les ambitions affichées d’une nouvelle direction
Waberi n’a pas dissimulé sa satisfaction à l’issue de sa nomination. « Je suis heureux de servir à nouveau au Comité exécutif de la CAF, cette fois en tant que vice-président. Nous sommes déterminés, en équipe, sous la conduite du nouveau président Dr Patrice Motsepe, à hisser le football africain à un autre niveau », a-t-il déclaré. La formulation traduit un état d’esprit collectif que Motsepe a lui-même cherché à incarner depuis son élection : celui d’une direction soudée, à distance des querelles de personnes qui ont parfois fragilisé la crédibilité de la CAF par le passé.
Pour Djibouti, dont le football national demeure modeste sur la scène internationale, cette présence au sommet de la gouvernance continentale ouvre des perspectives concrètes : accès aux programmes de développement de la CAF, poids accru dans les arbitrages budgétaires, et visibilité renforcée pour les fédérations des petits États membres. La gouvernance du football africain entre dans une nouvelle séquence, et Hassan Waberi entend y jouer un rôle actif.