L’Égypte vise l’histoire à la Coupe du Monde face à la Nouvelle-Zélande
Dimanche à Vancouver, l’Égypte affronte la Nouvelle-Zélande avec un objectif qui dépasse le cadre d’un simple match de groupe : décrocher sa première victoire dans une Coupe du Monde de football. Les Pharaons, classés 28e au monde contre un adversaire pointant à la 83e place, abordent cette rencontre en favoris et avec la conscience aiguë que l’histoire les attend. Un succès les placerait en excellente posture pour atteindre le tour à élimination directe.
Un match qui pèse le poids d’une génération
« Ce match représente tout notre univers en ce moment », a déclaré Hossam Hassan, le sélectionneur égyptien, dans des propos traduits de l’arabe lors d’une conférence de presse samedi. La formule résume l’état d’esprit d’une équipe qui n’a obtenu son premier point en Coupe du Monde que lors de cette édition – un match nul 1-1 contre la Belgique, après avoir mené à la pause pour la première fois de son histoire dans la compétition.
Ce détail mérite d’être souligné : mener au score contre un adversaire à la Coupe du Monde n’était arrivé qu’une seule fois auparavant aux Pharaons. Ce nul contre la Belgique met fin à plus de trois décennies d’absence au palmarès : le dernier point égyptien dans un Mondial remontait à 1990, année où Hassan lui-même portait le maillot des Pharaons en tant que joueur. C’est aujourd’hui lui qui les guide depuis le banc, fort d’une carrière légendaire qui en fait le meilleur buteur de l’histoire de la sélection.
Mohamed Salah, Marmoush et la nouvelle vague africaine
L’effectif actuel conjugue l’expérience des stars confirmées et l’élan d’une jeunesse prometteuse. Mohamed Salah, l’un des meilleurs joueurs du monde à son poste, se trouve à deux buts du record de son entraîneur en sélection nationale. Omar Marmoush, en pleine ascension sur la scène européenne, forme avec lui un duo offensif redoutable. À leurs côtés, des joueurs comme Hamza Abdelkarim, 18 ans, qui n’a effectué ses débuts en équipe nationale senior que le mois dernier dans un match amical contre la Russie, incarnent la relève d’une génération africaine en train d’éclore.
« Nous voulons représenter le football africain et le football arabe », a rappelé Hassan. L’ambition est explicite et elle s’inscrit dans un contexte continental favorable : dix équipes africaines participent à cette Coupe du Monde, un record rendu possible par l’élargissement du tournoi à 48 nations. Le Ghana et la Côte d’Ivoire ont remporté leurs matchs d’ouverture, respectivement contre le Panama et l’Équateur. Le Cap-Vert a neutralisé l’Espagne, favorite du tournoi, sur le score de 0-0 – une performance qui a résonné bien au-delà des frontières du football africain. Le Congo a tenu le Portugal en échec, et le Maroc a mis en difficulté le Brésil, quintuple champion du monde.
L’Afrique, puissance montante du football mondial
La progression du football africain n’est pas le fruit du hasard. Elle s’explique par des investissements croissants dans les infrastructures de formation, une présence accrue des joueurs africains dans les grands championnats européens et une montée en exigence des fédérations continentales. Le parcours du Maroc jusqu’en demi-finales de la Coupe du Monde 2022 – une première pour une nation africaine – a constitué un signal fort envoyé au reste du monde. Ce que certains qualifiaient d’exploit isolé ressemble davantage, quatre ans plus tard, à l’expression d’une tendance structurelle.
L’Égypte, sept fois championne d’Afrique, cherche à démontrer que sa domination continentale peut se traduire à l’échelle mondiale. Après la Nouvelle-Zélande, les Pharaons affronteront l’Iran à Seattle pour conclure la phase de groupes. Hassan le formule dans les termes les plus humains qui soient : « Je ne pense qu’à rendre nos supporters heureux. » Mais derrière cette déclaration, c’est tout un continent qui regarde.