Patrice Koyamba Auteur : Patrice Koyamba Posté le juin 15, 2026 à 2h36 Football Internationale

Un but contre son camp de Muheim offre à Qatar son premier point en Coupe du Monde

Miro Muheim, défenseur suisse évoluant au Hambourg SV, est devenu malgré lui le personnage central d’une rencontre historique du Groupe B du Mondial 2026 : c’est son but contre son camp, officiellement confirmé par la FIFA après révision, qui a permis au Qatar d’arracher le nul face à la Suisse. Une égalisation qui constitue le tout premier point jamais conquis par les Qataris dans l’histoire des phases finales de Coupe du Monde.

Une action litigieuse, un verdict sans appel

Le capitaine qatari Boualem Khoukhi avait d’abord été désigné comme l’auteur du but, et ses coéquipiers l’avaient célébré comme tel. La réalité s’est avérée plus complexe. Sur un centre venu de la gauche, Khoukhi et Muheim se sont disputé le ballon en l’air devant le portier Gregor Kobel. Le tir de Khoukhi a dévié sur le défenseur suisse avant de franchir la ligne. La FIFA, après examen de l’action, a tranché : le dernier contact décisif appartient à Muheim. C’est lui qui est crédité du but, contre son camp.

Cette règle d’attribution, qui veut que le but soit accordé à l’adversaire du dernier joueur ayant touché le ballon de manière significative, s’applique de façon stricte dans les compétitions FIFA. Elle peut sembler technique, voire cruelle pour un joueur comme Khoukhi, qui comptait pourtant dans ses intentions de marquer. Mais elle garantit une cohérence statistique indispensable dans un tournoi suivi par des centaines de millions de personnes à travers le monde.

Khoukhi, symbole d’une génération qatarie en quête de légitimité

Boualem Khoukhi n’est pas un inconnu. Capitaine de la sélection nationale, joueur d’expérience avec plus d’une centaine de sélections internationales à son actif, né en Algérie et naturalisé qatari, il incarne depuis plusieurs années l’ambition sportive d’un pays qui a construit sa montée en puissance footballistique avec une détermination méthodique. Voir son but lui échapper sur décision administrative laisse un goût amer, même si le résultat, lui, demeure acquis.

Le Qatar avait vécu une première participation au Mondial 2022, organisée sur son propre sol, comme un traumatisme collectif : élimination au premier tour, trois défaites, zéro point. Ce nul contre la Suisse en 2026 représente donc bien plus qu’un simple point au classement. C’est une rupture symbolique, la preuve que le projet footballistique qatari, aussi controversé soit-il dans ses origines, produit désormais des résultats sur le terrain.

Muheim, second auteur d’un but contre son camp dans cette édition

Miro Muheim rejoint ainsi un palmarès peu enviable dans ce Mondial 2026 : celui des joueurs ayant inscrit un but contre leur propre camp. Le Paraguayen Damián Bobadilla l’avait précédé dans cette situation au cours du même tournoi. Les buts contre son camp sont en réalité devenus statistiquement plus fréquents dans le football de haut niveau au fil des années, en partie en raison de l’intensité physique accrue des phases offensives, des centres tendus et rapides, et de la pression défensive constante exercée dans les surfaces de réparation modernes.

Pour Muheim, dont le club, le Hambourg SV, évoluait encore en Bundesliga après des années d’absence de l’élite du football allemand, ce Mondial 2026 représentait une vitrine internationale rare. Sa soirée s’est transformée en leçon d’humilité brutale, sans qu’il ait commis la moindre faute grossière. Le football, à ce niveau, ne laisse guère de place à l’injustice ressentie.

Un match qui illustre la compétitivité croissante du Mondial élargi

Ce résultat s’inscrit dans une tendance plus large : avec l’élargissement de la Coupe du Monde à quarante-huit équipes, les écarts entre les nations dites mineures et les grandes sélections se resserrent sur la durée d’un match. La Suisse, équipe régulière des phases finales, habituée aux huitièmes et quarts de finale, n’a pas réussi à s’imposer face à une sélection qatarie moins cotée. Ce type de résultat, loin d’être une anomalie, traduit la réalité d’un football mondial où la préparation physique, la discipline tactique et la cohésion collective peuvent compenser un écart de talent individuel.

Le nul Qatar-Suisse restera dans les mémoires pour la controverse autour de l’attribution du but, mais surtout pour ce qu’il représente : la confirmation que l’histoire d’une Coupe du Monde s’écrit aussi dans les détails les plus infimes, un rebond sur un défenseur, une décision de la salle de contrôle vidéo, un point arraché qui change le récit d’une nation entière. Pour d’autres rencontres marquantes, découvrez comment Pays-Bas et Japon se neutralisent 2-2 dans un match épique au Mondial 2026 ou encore comment Irankunda écrit l’histoire australienne au Mondial.

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