Lucien Malama Auteur : Lucien Malama Posté le 17/06/2026 - 19:57 Football Africain

L’AFCON PAMOJA 2027 réunit trois nations d’Afrique de l’Est pour une édition historique

Pour la première fois dans l’histoire de la Coupe d’Afrique des Nations, trois pays partageront simultanément l’organisation du tournoi continental le plus suivi du football africain. Le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda accueilleront ensemble la TotalEnergies CAF Africa Cup of Nations PAMOJA 2027, dont le coup d’envoi est fixé au 19 juin 2027 et la finale au 17 juillet. Ce co-hosting inédit marque aussi le retour de la compétition en Afrique de l’Est, plus d’un demi-siècle après l’édition éthiopienne de 1976.

PAMOJA : un nom, une ambition collective

Le mot pamoja, qui signifie « ensemble » en swahili, n’est pas un simple habillage marketing. Il traduit une orientation politique et sportive claire : faire de ce tournoi un projet régional partagé, ancré dans une identité culturelle commune. Le swahili est parlé à travers toute l’Afrique de l’Est, et son usage comme fil directeur du tournoi rappelle que le football n’est pas seulement une affaire de buts et de classements, mais aussi un vecteur d’appartenance et de fierté collective.

Cette coorganisation à trois est une première pour la CAF, l’instance dirigeante du football africain. Elle s’inscrit dans une tendance mondiale – les Coupes du Monde 2026 et 2030 étant elles aussi portées par des regroupements de pays – mais elle prend en Afrique de l’Est une résonance particulière. La région dispose d’une culture footballistique profondément enracinée, portée par des clubs comme Simba et Young Africans en Tanzanie, ou par les publics passionnés du Kenya et de l’Ouganda, sans jamais avoir bénéficié de la visibilité internationale que confère l’organisation d’un tel événement.

Un format de qualification exigeant pour 24 places

Vingt-quatre équipes disputeront le titre, dont les trois nations hôtes qualifiées d’office. Les vingt et une places restantes seront attribuées à l’issue d’une campagne de qualification structurée en trois fenêtres FIFA : entre septembre et octobre 2026, en novembre 2026, puis en mars 2027. Quarante-huit équipes, y compris les co-hôtes, sont réparties en douze groupes de quatre. Dans la majorité des groupes, les deux premiers se qualifient. Dans les trois groupes comportant une nation hôte, seule la meilleure équipe hors pays organisateur obtient son billet, la qualification du Kenya, de la Tanzanie ou de l’Ouganda étant déjà acquise.

Ce mécanisme est connu et maîtrisé par la CAF depuis l’introduction du format élargi à vingt-quatre équipes, mais il impose aux équipes partageant un groupe avec un co-hôte de viser impérativement la première place pour sécuriser leur qualification. Le calendrier, dense et concentré, laisse peu de marge aux équipes qui trébuberaient lors des premières journées. Les géants habituels – Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire, Nigeria, Égypte, Algérie, Cameroun, Ghana – figureront parmi les favoris à la qualification, mais l’histoire récente de l’AFCON enseigne que la hiérarchie continentale n’est jamais définitive. Des nations comme le Cap-Vert, les Comores, la Guinée équatoriale ou la Gambie ont su bousculer les certitudes lors des dernières éditions.

Un tournoi qui dépasse le cadre sportif

Les enjeux de PAMOJA 2027 s’étendent bien au-delà des résultats sur le terrain. Pour le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda, accueillir l’AFCON représente une opportunité rare d’accélérer des investissements en infrastructure sportive, en transports, en capacité hôtelière et en développement touristique. Les retombées économiques d’un tournoi continental majeur touchent un spectre large : compagnies aériennes, opérateurs touristiques, médias, commerçants locaux et prestataires de services. Si l’organisation est à la hauteur des ambitions affichées, l’héritage pourrait se mesurer en termes de stades modernisés, de centres d’entraînement rénovés et d’une génération de jeunes footballeurs inspirée par ce qu’ils auront vécu dans leur propre pays.

Les détails opérationnels – liste des stades, villes hôtes, calendrier précis des matchs, billetterie – n’ont pas encore été confirmés officiellement par la CAF. Ces annonces interviendront au fil des mois à venir, à mesure que la campagne de qualification avancera et que les structures locales d’organisation finaliseront leurs préparatifs. Ce qui est déjà certain, en revanche, c’est la portée symbolique d’un tournoi dont le nom résume à lui seul la promesse : faire ensemble, plus fort et plus loin.

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