Lucien Malama Auteur : Lucien Malama Posté le 22/06/2026 - 21:25 Football Internationale

Messi établit un record historique et propulse l’Argentine vers les huitièmes de finale

Cinq buts en deux matchs, à 38 ans. Lionel Messi vient de devenir le meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde, dépassant ainsi tous ceux qui l’ont précédé dans la compétition la plus regardée de la planète. L’Argentine, co-favorite désignée aux côtés de l’Espagne avant le coup d’envoi du tournoi, est d’ores et déjà assurée de poursuivre l’aventure, rejoignant l’Allemagne, le Mexique et les États-Unis dans le cercle des équipes officiellement qualifiées pour le tour suivant.

Un record qui résiste à l’analyse froide

Il existe un moment dans la carrière des plus grands athlètes où les chiffres cessent d’être des données et deviennent des énoncés historiques. Messi a franchi ce seuil depuis longtemps, mais il continue d’en repousser les limites. À un âge où la quasi-totalité des footballeurs de haut niveau ont rangé leurs crampons ou s’effacent progressivement, l’Argentin affiche une efficacité clinique qui défie toute logique sportive. Il aurait même pu signer un nouveau triplé lors de son dernier match, n’eût été un penalty manqué. Le détail est révélateur : à ce stade de tournoi, rater un penalty reste une anecdote quand cinq buts en deux rencontres constituent la trame principale.

Le record absolu de buts en Coupe du monde était jusqu’ici une référence collective, adossée à des noms qui appartiennent au panthéon du football mondial. Messi s’y inscrit désormais seul, au sommet. Ce que rend cet accomplissement encore plus remarquable, c’est le contexte : la Coupe du monde 2026 est disputée dans un format élargi à 48 équipes, ce qui augmente mécaniquement le nombre de matchs potentiels, mais aussi la pression et la cadence des rencontres. Marquer à un rythme pareil dans ce cadre n’a rien d’automatique.

Le Groupe G s’embourbe, le Groupe H se complique

Pendant que l’Argentine avance sans trembler, d’autres favoris connaissent des turbulences. La Belgique, versée dans ce qui est probablement le groupe le plus accessible du tournoi – le Groupe G -, a concédé un match nul 0-0 face à l’Iran, avec une réduction à dix après l’expulsion de Nathan Ngoy à la 67e minute. Une victoire face à la Nouvelle-Zélande le 26 juin suffirait à la qualifier, mais le simple fait que la question se pose illustre le décalage entre les attentes et la réalité de leur campagne. Plus surprenant encore : l’Égypte apparaît comme le favori pour remporter ce groupe, une donnée que peu d’observateurs auraient anticipée avant le début du tournoi.

Le Groupe H, lui, offre un scénario d’une complexité inhabituelle. L’Uruguay, tenu en échec 2-2 par le Cap-Vert – qui avait déjà arraché un nul face à l’Espagne -, se retrouve dans une situation délicate. Les Célestes pourraient coiffer l’Espagne au poteau en cas de victoire lors du duel direct du 26 juin, mais cela ne garantirait pas nécessairement la première place, car le Cap-Vert terminerait à cinq points s’il bat l’Arabie saoudite. Les départages, qui donnent désormais la priorité aux confrontations directes sur la différence de buts selon le règlement FIFA, rendent le calcul particulièrement ardu.

L’enjeu de la hiérarchie dans ce groupe est loin d’être anodin : le deuxième du Groupe H affrontera vraisemblablement le vainqueur du Groupe J, qui devrait être l’Argentine. Dans ce scénario, le Cap-Vert – outsider absolu – est actuellement identifié comme le candidat le plus probable à la deuxième place du groupe. Une aubaine pour Messi et ses coéquipiers, qui pourraient ainsi éviter les adversaires les plus coriaces en huitièmes de finale.

Le format à 48 équipes redistribue les cartes, mais pas toutes

L’édition 2026, première à réunir 48 sélections, change fondamentalement la géographie du tournoi. Trente-deux des quarante-huit équipes se qualifient pour le tour suivant – soit les deux premiers de chaque groupe, plus les huit meilleurs troisièmes parmi les douze poules. Ce format est indulgent par conception, et les grandes nations n’ont, en théorie, aucune excuse valable pour échouer dès la phase de groupe. Mais il crée aussi des situations inédites : des équipes comme le Cap-Vert ou Curaçao peuvent provoquer des résultats qui bousculent des favoris, tout en rendant les classements internes aux groupes plus difficiles à anticiper.

Pour les équipes du bas du tableau des favoris – la Belgique en est l’exemple le plus frappant -, ce format amplifie la visibilité de leurs difficultés plutôt qu’il ne les dissimule. Une élimination au premier tour dans le Groupe G serait non seulement sportive­ment cinglante, mais aussi symboliquement dévastatrice pour une sélection qui, il y a encore quelques années, figurait régulièrement parmi les prétendants sérieux au titre. L’élargissement du tableau ne protège que les équipes capables de produire un niveau de jeu cohérent – or c’est précisément là que le bât blesse pour les Diables Rouges.

L’Argentine, elle, n’a pas ce problème. Avec Messi qui continue d’écrire l’histoire à chaque coup de sifflet, la question n’est plus de savoir si l’Albiceleste avancera, mais jusqu’où elle ira – et contre qui.

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