Lucien Malama Auteur : Lucien Malama Posté le 29/06/2026 - 17:06 Football Africain

Bafana Bafana sort la tête haute du Mondial et regarde vers l’avenir

Éliminée en huitièmes de finale par le Canada sur le score d’un but à zéro à Los Angeles, l’Afrique du Sud quitte la Coupe du monde FIFA avec, pour la première fois de son histoire, une participation aux phases à élimination directe. Si la défaite fait mal, les joueurs blessés Thapelo Morena et Mohau Nkota ont tenu à rappeler à leurs coéquipiers – et à tout un pays – que cette campagne représente un tournant structurant pour le football sud-africain.

Une page d’histoire, malgré l’amertume de la sortie

Bafana Bafana est arrivé en Amérique du Nord sans que grand-chose ne leur soit prédit. L’équipe nationale sud-africaine n’avait jamais franchi le premier tour à élimination directe lors de ses précédentes participations au Mondial. Atteindre les huitièmes de finale constitue donc, objectivement, une performance historique. Morena, qui assistait au match depuis le Pirates Club de Greenside lors d’une soirée organisée par le sponsor Castle, n’a pas mâché ses mots sur la valeur de ce parcours : « Les gars ont tout donné sur le terrain dès le premier match. Je ne pourrai jamais dire qu’ils n’ont pas fait de leur mieux. »

La portée de ces mots dépasse le simple réconfort d’après-match. Dans le football de haut niveau, la capacité d’une sélection à performer dans les phases finales d’une grande compétition se construit sur des cycles longs. Les équipes qui franchissent un palier inédit – comme celui des huitièmes de finale – accumulent une mémoire collective et une compréhension tactique qu’aucun stage d’entraînement ne peut reproduire. C’est précisément ce que Morena entendait exprimer : « Les joueurs ont beaucoup appris, des qualifications jusqu’à là où ils se retrouvent aujourd’hui. »

L’efficacité offensive, talon d’Achille persistant

Au-delà de l’hommage rendu à l’engagement collectif, Morena a pointé une lacune concrète et récurrente : la finition. « Ce qui me fait mal, c’est de bien jouer sans parvenir à mettre le ballon au fond du filet. C’est quelque chose qui manque aussi beaucoup en PSL », a-t-il dit. Ce constat mérite d’être pris au sérieux. Le championnat sud-africain, la Premier Soccer League, forme les joueurs qui constituent l’essentiel du contingent de Bafana Bafana. Si le déficit de finition s’y observe de manière chronique, il se reproduit mécaniquement à l’échelle internationale, face à des gardiens et des défenses de premier rang mondial. Résoudre ce problème suppose un travail en profondeur sur la formation des attaquants au niveau des clubs, et non uniquement au sein de la sélection nationale.

Rebondir vers les qualifications pour la CAN

La prochaine échéance pour Bafana Bafana est claire : les qualifications pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), qui reprennent en septembre. L’Afrique du Sud se trouve dans le Groupe D aux côtés de la Guinée, du Kenya et de l’Érythrée. Ce calendrier laisse peu de temps au deuil. Nkota, lui aussi écarté du Mondial sur blessure, l’a formulé sans détour : « On doit avancer. Les gars ont fait leur part, ils ont donné tout ce qu’ils avaient. » La sélection devra transformer la douleur de Los Angeles en carburant pour ces qualifications, en capitalisant sur la confiance et la lisibilité tactique que cette Coupe du monde aura permis de construire.

Morena a conclu sur une note qui résume l’état d’esprit attendu : « Ils ne doivent pas baisser la tête. C’était une leçon. La prochaine fois que nous y serons, nous ferons mieux. » Pour une équipe qui vient de réécrire son propre palmarès sur la scène mondiale, c’est moins une promesse qu’un programme. Pour aller plus loin sur le parcours africain, découvrez aussi l’élimination de Bafana Bafana et l’Afrique saisit enfin sa chance sur la scène mondiale.

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