Lucien Malama Auteur : Lucien Malama Posté le 02/07/2026 - 19:07 Football Football Internationale Sport

L’UEFA refuse le carton rouge automatique pour les joueurs qui se couvrent la bouche

L’UEFA refuse le carton rouge automatique pour les joueurs qui se couvrent la bouche

Le carton rouge automatique ne sera pas appliqué par l’UEFA dans ses compétitions quand un joueur se couvre la bouche lors d’une altercation. L’instance européenne a choisi une autre voie que celle retenue par la FIFA: laisser les arbitres apprécier chaque situation au cas par cas, sans transformer ce geste en exclusion systématique.

Concrètement, cette ligne vaudra en Ligue des champions, en Ligue Europa et en Ligue Europa Conférence. Là où la FIFA a ouvert la porte à une sanction directe, l’UEFA préfère maintenir une marge d’interprétation. Le message est clair: tous les gestes ne se ressemblent pas, et chaque échange tendu sur le terrain ne mérite pas automatiquement la même réponse disciplinaire via l’APK.

Pourquoi l’UEFA s’écarte de la ligne fixée par la FIFA

La divergence entre les deux instances intervient après une évolution récente des lois du jeu validée en avril par l’International Football Association Board. Cette modification, soutenue par le président de la FIFA Gianni Infantino, visait à durcir la réponse face aux joueurs qui cherchent à masquer leurs paroles pendant une confrontation.

L’idée de départ n’est pas née dans le vide. Elle a pris de l’ampleur après un épisode très commenté survenu en février entre Gianluca Prestianni, alors avec Benfica, et Vinicius Junior, la star du Real Madrid. Après le but du Brésilien à Lisbonne, Prestianni s’était couvert la bouche avec son maillot au cours d’un face-à-face avec Vinicius, déclenchant de lourds soupçons et une séquence disciplinaire très suivie.

Dans ce dossier, l’Argentin avait d’abord été suspendu à titre conservatoire pour le match retour du barrage. L’UEFA lui a ensuite infligé six matches de suspension pour injure homophobe. La sanction a ensuite été étendue à l’échelle mondiale par la FIFA, avec une autre conséquence marquante: son absence de la sélection argentine pour la Coupe du monde.

Carton rouge automatique: l’UEFA laisse la main à l’arbitre

C’est précisément sur ce point que l’UEFA trace sa frontière. Pour l’instance européenne, le fait de se couvrir la bouche ne doit pas déclencher mécaniquement un carton rouge. Les arbitres devront plutôt évaluer le contexte, la nature de l’échange et l’intention apparente du joueur.

Si ce geste est interprété comme une tentative de dissimuler une communication relevant d’un comportement antisportif, un avertissement reste possible. En revanche, l’UEFA ne souhaite pas transformer ce réflexe ou cette manœuvre en faute d’exclusion obligatoire. Cette nuance est importante, car elle redonne du poids à l’analyse du terrain plutôt qu’à une application totalement rigide du règlement.

La position européenne n’efface pas, pour autant, le risque disciplinaire. Un joueur qui adopterait ce comportement dans un contexte plus grave pourrait toujours faire l’objet d’une enquête ou de poursuites après le match. Autrement dit, l’absence de rouge automatique ne signifie pas absence de sanction. Elle signifie seulement que la première lecture appartiendra à l’arbitre, et non à une règle aveugle.

Une différence de traitement déjà visible sur la scène internationale

Cette opposition de méthode n’est pas théorique. Elle s’est déjà traduite dans les faits lors de la Coupe du monde, où deux joueurs ont été expulsés après intervention de la VAR pour avoir couvert leur bouche. Le Paraguayen Miguel Almiron et l’Équatorien Piero Hincapie ont ainsi quitté prématurément la pelouse lors de leurs rencontres respectives contre la Turquie et le Mexique.

En refusant d’appliquer ce principe dans ses tournois, l’UEFA assume donc une gestion plus souple, mais aussi plus exigeante pour les arbitres. Ceux-ci devront distinguer le simple geste d’un véritable acte destiné à masquer des propos répréhensibles. C’est un équilibre délicat, surtout dans un football où les images circulent vite et où la pression médiatique s’intensifie au moindre incident.

Pour les clubs engagés en compétitions européennes, cette clarification a le mérite d’éviter un changement brutal. Les joueurs savent désormais qu’un tel geste ne vaudra pas automatiquement expulsion. En revanche, ils sont aussi prévenus qu’un comportement suspect pourra toujours être sanctionné, sur le terrain ou après coup. L’UEFA choisit donc la prudence plutôt que l’automatisme, avec l’idée de protéger à la fois l’autorité arbitrale et la capacité à juger justement chaque cas.

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